Technique

Quelle énergie utiliserons-nous en 2025 ?

Publié le 21 juin 2018 à 0h00

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La ville d’Amsterdam a annoncé l’interdiction des véhicules à essence pour 2025. Sur la Côte d’Azur, c’est la suppression des fumées polluantes dans les ports qui est visée pour 2030. Ce ne sont que deux exemples parmi tant d’autres, mais ils illustrent le réveil des consciences qui s’empare de nos systèmes décisionnaires. Les grands acteurs de l’industrie investissent massivement sur la production d’hydrogène afin de viabiliser la mobilité électrique et de répondre à ces objectifs ambitieux. Pour réussir cette transition énergétique, le solaire et l’éolien, ne représentant respectivement que 2 et 4 % de la production d’énergie, attendent d’être déployés à grande échelle. Mais, si c’est le cas, pour optimiser leur production fluctuante, les surplus qui ne seraient pas consommés directement pourraient servir à produire de l’hydrogène, par électrolyse, afin de stocker cette énergie propre. Si 95 % de l’hydrogène proviennent d’énergie fossile, l’électrolyse de l’eau ne représente pour l’instant que 4 % de l’hydrogène produite, et moins de 1 % l’est à partir de l’électricité verte (solaire, éolienne, hydrolienne) ne rejetant aucun CO2. On obtient un cycle vertueux n’utilisant le pétrole que dans les matériaux composant les appareillages.

Une installation du type, moulin à électrolyse, utilisant le flux du fleuve, est en expérimentation sur la Seine. Le chemin vers une énergie non dommageable est encore très long, mais c'est bien en suivant l’adage "la meilleure façon d’anticiper le futur, c’est de le créer" que l'on y arrivera. Victorien Erussard, à bord d’Energy Observer, catamaran de 30 mètres (l’ancien Tag Heuer puis Enza), s’inspire de ce principe avec l’aide du CEA (Commissariat à l’énergie atomique). Un électrolyseur installé à bord fonctionne avec l’énergie fournie par les 130 m² de panneaux solaires, deux éoliennes, et les arbres d’hélices en mode hydrogénération quand il navigue tracté par un kite ou une aile. Cet hydrogène ainsi fabriqué est stocké sous haute pression dans des réservoirs spécifiques. Puis, le besoin échéant, les 2 MWh à 350 bars qu’ils contiennent sont retransformés en électricité par une pile à combustible avant d’être réintégrés dans le circuit des batteries afin de servir pour la propulsion et la vie à bord. Le tout, sans bruit. Certes, le rendement est encore très faible, car il faut beaucoup d’électricité pour l’électrolyse (environ 5 kW d’électricité pour obtenir 3 kW), et après une année de navigation autour de la France, sans moyen de traction vélique, une autonomie à la vitesse de 5 nœuds est atteinte, mais sur quelques jours seulement. L’objectif aux termes des six ans de voyage sera de parvenir à une autonomie totale à une vitesse de 8 à 10 nœuds. Le défi est de taille, mais Victorien le dit lui-même : "Dans six ans, le bateau ne ressemblera pas à ce qu’il est aujourd’hui, les technologies seront actualisées à bord au fur et à mesure de leur mise au point." Selon lui, une décennie semble être la ...

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