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Arkea Ultim Challenge – Brest - Seul autour du monde à bord d’un géant…

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A bord des trimarans Ultims actuels, ces géants de 32 mètres de long par 23 de large qui volent grâce à leurs foils, les distances peuvent paraître plus courtes : seulement 6 jours pour traverser l’Atlantique pour le vainqueur de la dernière Route du Rhum. Sauf qu’aucun d’eux n’a passé plus de dix-sept jours consécutifs en mer.
C’était, qui plus est, en équipage, sur des tentatives de Trophée Jules Verne, toutes interrompues peu après le cap de Bonne-Espérance. A ce jour, ils ne sont que quatre à avoir réussi l’exploit de tourner autour de la planète en multicoque sans s’arrêter – le détenteur actuel du record François Gabart, en 42 jours 16 heures et 40 minutes, qui a effacé des tablettes l’opiniâtre Thomas Coville (49 jours en 2016), la Britannique Ellen MacArthur (71 jours en 2005) et enfin le légendaire Francis Joyon (72 jours en 2004). Avant eux, Alain Colas avait mis 169 jours en 1973 pour faire le tour de la planète. Il avait certes réalisé une escale, mais son fidèle trimaran en aluminium Manureva, ex-Pen Duick IV d’Eric Tabarly, a quand même marqué l’histoire. En 1988, Philippe Monnet a amélioré le temps de 40 jours malgré ses deux escales (en Afrique du Sud et en Nouvelle-Zélande) sur un trimaran de 60 pieds baptisé Kriter. Son record n’a tenu qu’un an, puisque Olivier de Kersauson, qui s’est arrêté deux fois lui aussi (à Cape Town et à Mar Del Plata), n’a mis que 125 jours pour revenir à Brest sur Un autre regard. Tout de rose vêtu, le très élégant plan VPLP construit chez CDK entre dans la légende, et il y restera longtemps. Son multicoque de 25 m ne pesait à l’époque que 10,5 tonnes, à comparer aux 15 tonnes des Ultims actuels.
Pour remporter l’ARKEA ULTIM Challenge – Brest, il va donc falloir avoir un peu de chance… Et, pour flirter avec le temps du record, bénéficier d’un enchaînement météorologique parfait. Le départ, fixé au 7 janvier 2024 à la pointe de la Bretagne, au cœur de l’hiver, pourrait d’entrée se révéler musclé. Pour peu que ce soit au portant, ce serait idéal pour atteindre l’équateur rapidement. Si le passage de la zone de convergence intertropicale (ZCIT), plus connue sous le nom familier de Pot au noir, est plus agréable en termes de températures, les vents erratiques et les grains capricieux qui caractérisent cette région mettent les nerfs du marin à rude épreuve. La descente, souvent assez à l’ouest de l’Atlantique Sud, le long des côtes brésiliennes pour échapper à l’anticyclone de Sainte-Hélène, est peut-être le passage le moins stressant, même s’il faut rester vigilant pour choisir le bon moment avant de modifier sa route vers l’est. Une fois attrapée une des nombreuses dépressions qui tournent autour de l’Antarctique, il convient de rester devant le plus longtemps possible, pour passer le cap de Bonne-Espérance d’abord, puis le cap Leeuwin ensuite. Lors d’un record, les marins sont libres de leur route et peuvent couper au plus court en descendant très bas en latitude. En course, pour limiter les ...

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