Numéro : 237
Parution : Juillet / Août 2026
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Sur leur Bali 4.2, Laura et sa famille ont embarqué leur chien, Bandit, pendant 2 500 milles : autant dire que notre collaboratrice connaît bien le sujet des animaux à bord. Pour compléter son expérience, Laura n’a pas hésité à interroger d’autres marins ; ils sont canadiens, français, portoricains ou encore suisses, navigateurs expérimentés ou débutants, en croisière en Méditerranée ou autour du monde. S’ils ne se sont jamais croisés, ces aventuriers ont au moins deux points communs : ils naviguent à bord de leur bateau avec leur animal de compagnie et ont accepté de livrer quelques conseils aux lecteurs de Multicoques Mag.
Le catamaran glisse lentement dans une mer d’huile. Le soleil décline et se rapproche de l’horizon, l’air reste chaud et, sur le pont, tout pourrait presque sembler paisible. Presque. Sauf Bandit. Une fois encore, mon golden retriever attend. Depuis des heures, il tourne en rond, hésite, refuse de s’installer. En mer, il fait souvent comme ça : il se retient. Longtemps, trop longtemps… Et à chaque fois, la même question revient, un peu gênante, mais impossible à esquiver : est-ce qu’on fait vraiment bien d’emmener notre animal avec nous ?
Naviguer avec son animal, c’est un rêve que beaucoup partagent. On imagine les couchers de soleil, un chien à ses côtés, un chat roulé en boule dans le cockpit, une présence familière au milieu de l’immensité. Mais, comme souvent en mer, la réalité est un peu plus… technique. En effet, la première chose que nous découvrons une fois les amarres larguées – et parfois à nos dépens –, c’est que tous les animaux ne sont pas faits pour la vie en mer. Un bateau, et même un multicoque plus vaste et qui bien sûr ne gîte pas, n’est pas une maison qui flotte. C’est un espace en mouvement, bruyant, parfois instable, souvent contraint, et surtout pour un temps non raccordé à la terre ferme. Pour un animal, cela change tout.
Le climat et les conditions météo jouent également un rôle important. Un chien habitué à un climat tempéré peut vite souffrir de la chaleur. La surface disponible est à considérer : un grand chien plein d’énergie sur un bateau de taille modeste, c’est un peu comme enfermer un marathonien dans un ascenseur. Le bruit ? Un chat habitué au calme pourrait être effrayé dès que les moteurs sont en route. En face de ces contraintes physiques, il y a la capacité d’adaptation – ou pas. Certains animaux semblent nés pour découvrir de nouveaux environnements et s’adapter. D’autres, beaucoup moins...
Windy, la chienne de Véro et Patrice, par exemple, est arrivée à bord à trois mois. Autant dire qu’elle a grandi avec le roulis, les manœuvres, les odeurs de mer. Aujourd’hui, elle est parfaitement à l’aise. Une vraie « chienne de mer ».
A l’inverse, Bandit, notre golden retriever, n’a jamais vraiment accepté certaines règles du jeu, puisqu’il est parfois resté jusqu’à 35 heures sans faire ses besoins. Evidemment, lors des traversées, cette situation nous a posé (à notre chien et à nous, ses maîtres) des problèmes. Parfois, il nous était impossible de rejoindre rapidement une escale, voire de débarquer avec l’annexe. On aborde donc le grand sujet dont personne ne parle (mais que tout le monde vit), celui des besoins à bord. C’est probablement la partie la moins glamour de cet article, mais aussi l’un des plus importants.
Yvan et Fabian ont opté pour une solution pragmatique : un tapis de fausse herbe installé sur les trampolines. « Winston et Elton sont un peu tristes, constatent-ils, il n’y a rien à renifler… mais au moins, on n’a pas ...
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