Pacifique

Marquises : "The Waoooow Effect" à bord de Suricat

Publié le 01 février 2015 à 0h00

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Dans ma vie d'avant-bateau, et une période qui me semble à ces heures bien lointaine, je travaillais dans l'industrie du tourisme, et plus particulièrement pour des hôtels 5 étoiles voire plus, le top du top de l'hôtellerie de luxe en Polynésie. La clef de tout succès pour chaque modification ou rénovation de ces biens de haut standing résidait en deux mots, en anglais bien sûr parce que ça sonne toujours plus juste et plus direct, il fallait provoquer "the Waoooow effect" à la première seconde où le pied du touriste fortuné foulerait la première dalle de marbre de nos palais.
Le rapport avec les Marquises ? Il est simple. Starwood ou autre Hilton n'ont rien inventé, et je crois qu'il est inutile de chercher plus loin. Cet "effet Waoooow…" vient d'ici, de cet archipel à plus de mille milles de toute terre habitée, car c'est le seul mot que l'on a à la bouche à chaque découverte, à chaque baie, à chaque paysage, à chaque cascade, à chaque baignade, à chaque rencontre… Waoooow… Bouche bée.

L'arrivée d'une traversée comme celle du Pacifique procure forcément de fortes sensations, mais, cerise sur le gâteau, ce qu'on trouve de l'autre côté n'est pas une île quelconque, ni une terre banale. C'est LA terre. La "Terre des Hommes", comme ils disent, la terre sauvage, la terre de la générosité, la terre promise…
De tous les endroits visités depuis le début de notre voyage, c'est sans doute le plus complet, celui où nous avons trouvé tout ce que nous cherchions. Allez, soyons justes, nous avouerons pour le bémol que les mouillages furent aussi les pires, inconfortables le plus souvent, descentes à terre frisant parfois l'acte kamikaze, mais il faut bien une raison pour partir, sinon, comme Brel, nous y finirions nos jours…

Croisière aux Marquises

La baie des Vierges à Fatu Hiva, originellement baie de Verges (évoquées par ses pitons rocheux), savamment rebaptisée par les évangélistes.

Marquises, terre des hommes

L'expression d'origine vise surtout à connoter la dureté des conditions de la vie des hommes dans ces paysages aux falaises aussi abruptes qu'elles sont majestueuses, à la mer puissante partout et souvent ennemie quand l'alizé se renforce, à l'isolement des ces îles et à l'autarcie qui l'accompagne.
Pour survivre dans cette nature intense, il fallait et il faut toujours être un Homme avec un grand H. Un viril, un tueur de cochon et un cavalier sans selle ni étrier, un pêcheur de nuit comme de jour, un travailleur, un sans-peur, un Mahoi sculpté et tatoué, un aito ("fort" en tahitien, comme l'arbre indestructible qui porte son nom).
Mais, après un mois et demi sur place et toutes les rencontres avec les Marquisiens et Marquisiennes, cette expression a perdu pour moi de sa valeur héroïque voire un brin machiste pour laisser place à une autre réalité. C'est la terre des hommes parce que la population que nous y avons rencontrée nous a dévoilé son sens de l'accueil du visiteur, sa générosité, son ouverture d'esprit malgré leur enfermement ...

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