Pacifique

Chesterfield, les îles magiques

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Je suis rentré il y a maintenant deux ans de mon premier tour du monde avec mes parents tout en sachant que je ne pourrais pas poser les pieds éternellement à terre. La mer a envoûté mon cœur, tout comme ceux de mon père et de ma mère après cette indescriptible expérience qui nous a irrémédiablement soudés. Grâce à leur volonté, leur patience et leur courage – des qualités que personne ne pourra jamais leur retirer –, nous avons vécu un véritable rêve autour du monde et ils ont pu m'offrir la meilleure enfance possible. Je ne les remercierai jamais assez… Nos chemins se sont désormais séparés, mais nous continuons chacun de notre côté notre périple maritime. Nul doute que nous nous retrouverons un jour ou l'autre sur un mouillage idyllique.

 

Je hisse la grand-voile, les drisses résonnent sur le mât. Alain, avec qui je continuerai à sillonner les océans, à bord de Tec’Hadenn, me fait signe qu’il est prêt. Les cordages du corps-mort s’apprêtent à être décrochés. Lentement, Nouméa s’éloigne.

Emeline et Nancy, les nouvelles propriétaires de "Pirates.com", catamaran sur lequel j’ai passé mon enfance, nous accompagnent, bateaux côte à côte. Nous échangeons des derniers au revoir. Je suis terriblement ému et mes yeux brillent... je quitte ma petite vie sociale calédonienne.

La passe d'Uitoe nous attend pour nous éjecter vers le large en direction des îles Chesterfield, sur lesquelles nous avons prévu de passer quelques belles semaines.

Je profite une dernière fois du réseau pour partager des photos et échanger quelques derniers messages. La nuit s’abat progressivement, la Nouvelle-Calédonie n’est plus qu’une silhouette montagneuse.

Je n’avais pas oublié ces ciels étoilés flamboyants pendant mes quarts de nuit. Mais quel bonheur de retrouver la voie lactée traversant les voiles de bout en bout, parsemée d’étoiles filantes. Tout comme ce néon de bleu qui entoure la coque, qui n’est autre que le plancton.

Le vent est doux, il frôle mon visage, la musique dans mes écouteurs s’échappe. Je me sens à nouveau propulsé dans un tourbillon d’aventures. Les idées fusent, je repense à mes projets, qui semblent tous revenir à l’océan. La motivation est toujours plus importante en mer, et les moyens pour réaliser ses rêves y semblent illimités.

L’inspiration revient, les mots s’enchaînent, l’immersion du voyage est à nouveau en moi.

 

Le vent est instable, mais reste aux alentours du plein portant. La moitié du chemin est dépassée, nous finissons de manger notre petit plat en nous disant qu’il va peut-être être temps que les poissons viennent titiller nos leurres. Nous avons laissé beaucoup de place dans le congélateur en imaginant notre pêche future. Visiblement, nous étions un peu prétentieux… Et, comme d'un fait exprès, c'est à ce moment précis que le moulinet passe à l’action. Son cliquetis caractéristique retentit de mon côté. Je regarde Alain : il comprend bien que c’est moi qui vais encore (j’insiste sur le encore… hum) le battre à notre ...

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