Pacifique

Les ondes étranges de Mopelia…

Publié le 01 avril 2015 à 0h00

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Tôt le 18 août, dès que le soleil a franchi dans l’est la ligne d’horizon, alors qu’à bord tout le monde dort encore, je mets discrètement l’annexe à l’eau, démarre le moteur 15 CV Yamaha, et vais observer l’état de la passe de Maupiti (voir la chronique du no 169). Les conditions me semblent bonnes, le vent souffle à 15 nœuds de l’est-quart-nord-est. Le courant est sortant mais modéré. Le bateau est prêt à appareiller depuis hier soir. Je rentre à bord, verrouille tous les sabords, vérifie qu’aucun bout ne peut passer par-dessus bord, sort les brassières, et me fais chauffer un café noir. Si j’avais eu un havane de Cuba, j’en aurais volontiers allumé un ce matin, peu avant de franchir la passe de Maupiti. Histoire de me sentir vivre un peu plus fort encore. Nous rejoignons le large sans encombre, et envoyons la toile, cap sur Mopelia, à une centaine de milles dans l’ouest. Sans forcer l’allure puisque, de toute façon, il nous faudra attendre le lendemain, et la lumière du jour, pour entrer dans le lagon. Je passe la nuit dans le carré pour assurer un atterrissage particulièrement lent sur l’atoll de Mopelia. Lent, mais sûr. Peu de sommeil cette nuit-là. Il ne ferait pas bon se mettre sur le récif de la côte au vent… Au petit jour, Jangada se trouve légèrement sous le vent de l’atoll, à 2 milles de la passe. Je fais chauffer de l’eau dans la bouilloire, et vais réveiller celui qui est devenu au fil du temps mon second à bord pour les manœuvres : Marin, qui aura 13 ans à Mopelia dans quelques jours !

Chronique autour du monde - Mopelia

On trouve encore des traces d’une ancienne activité humaine, que le temps efface peu à peu…

L’atoll de Mopelia (ou Maupihaa) communique avec l’océan par une petite passe, joliment nommée Taihaaru Vahine, très étroite, située dans le nord-ouest. Je la repère facilement dans le jour qui se lève à peine, grâce au ruban de courant qui se déroule vers le large, dans l’axe de la passe. Voiles ferlées, nous nous approchons lentement. Les ouragans ont emporté le balisage initial, il ne reste plus que deux petites perches noires et blanches posées sur le platier. La passe elle-même est assez profonde, mais c’est au débouché dans le lagon qu’il faut parer des têtes de corail à fleur d’eau. L’essentiel est à laisser à gauche, mais il y en a une ou deux, sévères, à laisser à droite. La difficulté de la passe de Mopelia, c’est le courant sortant, parfois fort, et bien sûr l’étroitesse du passage, qui oblige à passer près du platier, à quelque chose comme 5 mètres de chaque côté. Pas question de faire demi-tour dans le goulet, long d’environ 200 mètres. Le courant peut atteindre 6 à 7 nœuds. Je vais faire une ronde dans les salles des machines, puis, à plusieurs reprises, pendant que le soleil prend un peu de hauteur au-dessus de l’horizon, nous nous approchons, en remontant la bande très nette du tapis roulant généré par le courant sortant. Cela nous donne l’axe exact de la passe. Les manœuvres d’approche ont réveillé Barbara et Adélie, qui ...

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