Pacifique

CROISIERE A HAUT RISQUE AUX TONGA…

Publié le 01 octobre 2015 à 0h00

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Aventures aux îles Ha’apai, l’archipel dangereux…

Ha’apai, aux Tonga. Des îles, des îlots, et des récifs. Des récifs par centaines… 11 octobre. Nous faisons la clearance de départ des Vava’u, remplissons les jerrycans d’essence, faisons un tour au marché aux fruits et légumes, un autre chez le Chinois, et puis nous prenons la mer sans tarder, vers le sud, en direction des Ha’apai, cet archipel situé entre les Vava’u, au nord, et Tongatapu, au sud. Le voilier La Tortue, que nous avions rencontré à Niue, vient d’y faire naufrage. Comme très habituellement dans les évènements de mer qui finissent mal, ils ont été victimes d’un enchaînement malheureux de galères techniques qui aggravent progressivement la situation, jusqu’à la rendre préoccupante, puis mauvaise, et enfin désastreuse. Un processus assez classique. Nous nous rendons sur les lieux pour voir ce que nous pouvons faire, récupérer du matériel au pire, au mieux voir si le bateau peut être renfloué, et dans le cas contraire au minimum sécuriser l’épave. L’équipage est déjà en sécurité à Nuku’Alofa, et nous sommes en liaison avec lui. Ha’apai, je l’appelle l’archipel dangereux : il mérite cette appellation. Probablement davantage que les Tuamotu, dont l’abord des atolls est souvent clair, accore. Peu de voiliers s’y aventurent, du moins dans ses coins reculés. Ce qui, en soi, constitue inéluctablement pour moi une raison suffisante qui justifie d’aller voir à quoi il ressemble… Ce qui n’est pas forcément gratuit, comme vous le verrez bientôt… Les Ha’apai ne sont pas, c’est clair, un coin propice à l’apprentissage de la navigation. Même les marins chevronnés doivent s’en méfier ! D’abord, l’endroit est mal cartographié. Ensuite, la cartographie électronique est décalée, autrement dit fausse, de plusieurs centaines de mètres. Les courants y sont forts, malgré un marnage faible. Et les récifs à fleur d’eau s’y comptent par centaines ! Vous donner une idée de l’endroit est relativement simple : en exagérant à peine, il n’est pas un degré angulaire du cercle de l’horizon où l’on n’aperçoive des brisants qui déferlent ! La chaussée de Sein, comparativement, est un boulevard. Bref, il faut avoir l’œil, ne naviguer que de jour, le plus possible avec le soleil dans le dos, ne pas hésiter à monter dans les barres de flèche, ne pas lâcher de l’œil le sondeur, être toujours prêt à manœuvrer d’urgence, et essayer de sécuriser les mouillages avant la nuit. Mais le danger le plus sournois, ce sont les grains, la nuit surtout… Nous choisissons la route extérieure, par l’ouest de l’archipel, la plus sûre, pour nous rendre à Kelefesia, l’île la plus au sud des Ha’apai : c’est là, à 115 milles au sud de Neiafu, que le naufrage de La Tortue a eu lieu. Les vents sont faibles, instables toute la nuit, et le jour qui se lève nous voit faire route avec les deux moteurs. Nous passons à faible distance du tombant d’un long récif corallien. L’endroit est propice à la pêche, les oiseaux y sont nombreux. ...

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