Technique

Naviguez à bord d’un multicoque, oui, mais évitez la CASSE !

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Pour commencer, distinguons avarie et fortune de mer. Contre la seconde, vous ne pouvez malheureusement pas grand-chose. C’est le container à la dérive flottant entre deux eaux, et donc invisible, qui vous arrache le safran ou un quillon avec forte voie d’eau. Ou c’est une pièce neuve qui casse par un défaut de fabrication et entraîne un démâtage. Il sera alors essentiel de redoubler d’ingéniosité et de sens marin pour vous en sortir. Rassurez-vous tout de suite, ces fortunes de mer sont très rares. En termes statistiques, elles sont même négligeables, même si elles font les choux gras de certaines rédactions. En revanche, la première est beaucoup plus fréquente. Dans la mesure où un multicoque est un ensemble de pièces mécaniques, il est normal de connaître tôt ou tard, à l’instar d’une automobile, une avarie çà et là. Mais pas de panique : là aussi, leur recensement témoigne plutôt de petit ennuis. Deux causes en sont le plus souvent à l’origine : la défaillance humaine, avec des gestes inappropriés, et le défaut d’anticipation, corollaire d’un entretien négligé ou incomplet.

Nos actes manqués

Avant toute chose, et même si les multicoques sont particulièrement sûrs aujourd’hui, n’oubliez pas que vous êtes sur l’eau. L’étanchéité est cruciale, et trop nombreux sont les panneaux de pont ou vannes de toilettes non fermés. Rien de mieux pour permettre à l’eau d’envahir les fonds. Un point à vérifier lors de tout appareillage, d’autant que cette eau stagnante pourrait bien s’attaquer au circuit électrique. En montant à bord, attention à ménager les chandeliers qui finissent par laisser infiltrer l’eau. Au démarrage, le respect de la montée en température du moteur ainsi que la vérification de son bon refroidissement (vannes bien ouvertes, cette fois-ci) préviendra d’une surchauffe inopinée. Jeter un petit coup d’œil sur l’étanchéité du presse-étoupe n’est pas un luxe non plus. Une fois en navigation, compte tenu des fréquents ofnis qui s’invitent sur les plans d’eau, aucune excuse pour ne pas détecter ceux qui sont indentifiables, c’est-à-dire visibles. En toutes circonstances, la veille s’impose pour prévenir d’un choc au niveau de la flottaison – en plus de la surveillance des autres navires pour éviter toute collision. Cette attention sera redoublée en zone côtière : grâce au suivi de vos instruments et à une observation constante, vous éviterez les talonnages. Ne souriez pas, voilà l’avarie la plus fréquente – cela n’arrive pas qu’aux autres.

Un rangement ordonné peut également éviter bien des ennuis. Les bouts qui traînent un peu partout façon spaghettis finissent par causer un souci en se logeant sous le capot d’un coffre, sous la barre ou dans la baille à mouillage. Le mouillage qui ne file pas rapidement au plus mauvais moment peut engendrer de lourdes conséquences. Une coque qui se forme sur un bout peut contrarier une manœuvre comme un virement de bord ; un manque à virer et peu d’eau à courir font mauvais ménage. Notre bord ...

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