Numéro : 235
Parution : Mars / Avril 2026
- Tarif au numéro - numérique : 6.50€Magazine numérique
- Tarif au numéro - papier : 8.50€Magazine papier
- Tarif avec abonnement : à partir de 2.91€S'abonner
9h34 : le nouveau temps de référence n’est pas encore affiché sur le tableau du PC course ; qu’à cela ne tienne, il est désormais établi à 94 jours, 21 heures et 58 minutes. 22 ans après Jean-Luc Van Den Heede, Guirec Soudée améliore le record du tour du monde à l’envers de 28 jours à bord de son grand trimaran MACSF. Multicoques Mag a pu l’accueillir dans la rade de Brest, partager ses premiers moments à terre et visiter son multicoque...
Nos vidéos :
Live de l'arrivée - Le Short - A bord de MACSF
Au cas où, je m’étais débrouillé pour être à Brest presque 24 h avant l’ETA annoncée deux jours plus tôt – c’était sous-estimer le travail du routeur Christian Dumard… N’empêche, quand la nuit est tombée sur la cité bretonne, j’ai imaginé la pression que devait ressentir Guirec à l’approche du rail des cargos et de la terre, de chez lui. Tenir encore un peu malgré les rafales à 35 nœuds et les 3 à 4 m de mer, ne rien casser, ne pas faire de bêtise pour enfin franchir cette fichue ligne entre le cap Lizard et Ouessant pratiquement 95 jours après l’avoir passée dans l’autre sens… ça n’a pas dû être facile.
Ce départ en catimini pour le défi ultime, le Graal à l’envers et en enfer, c’était le 23 décembre dernier. Rien à voir avec l’échauffement transatlantique estival en compagnie du célèbre YouTuber Inoxtag (voir MM232) qui ressemblait un peu à des vacances.
En amarrant son multicoque au Quai du Commandant Malbert, Guirec Soudée vient de réaliser un coup de maître : à 34 ans, dès sa première tentative, il parvient à s’emparer du dernier record à la voile encore détenu par un monocoque.
Tandis que les équipes à terre termine l’installation de la tente-podium, des barrières de sécurité et de la sonorisation, nous embarquons dans les puissants semi-rigides réservés pour la presse. Le vent de nord établi à 20/25 nœuds est glacial, mais au moins, il fait beau !
Au large, la mer est forte ; une fois la ligne franchie, Guirec a été contraint de repartir vers le large afin de contourner Ouessant par l’ouest et ainsi pouvoir se positionner sous la protection de l’île. Les membres de son équipe ont ainsi pu monter à bord en toute sécurité.
Malgré la voilure réduite (GV à deux ris et J3) imposée par l’état du safran tribord, l’Ultim MACSF s’offre un dernier run à plus de 20 nœuds dans la rade de Brest. Cette avarie, survenue à 1 000 milles de Bonne-Espérance en percutant à 20 nœuds un filet de pêche, a abîmé le bord d’attaque de l’appendice. Guirec a donc été contraint de lever le pied bâbord amures. En concertation avec son routeur Christian Dumard, le skipper a privilégié la navigation tribord amures, décrivant une grande boucle supplémentaire dans l’Atlantique – sur le record, cette casse se solde par quelques jours perdus.
A part cette fortune de mer, le trimaran apparaît en parfait état. Sur l’eau, le comité d’accueil se met en place ; Guirec laisse exploser sa joie et sa fierté, brandit un drapeau breton puis percute des feux à main. A bord, l’équipage reste focus sur les manœuvres. La GV est affalée, les pare-battages sont en place. Le trimaran progresse désormais au moteur et il est bientôt rejoint par d’autres semi-rigides qui s’amarrent sur les coques – ils assureront la manœuvre pour se positionner à quai long side.
Sur le quai Malbert, la foule est nombreuse pour accueillir le héros du jour – une tradition bien ancrée à Brest. Sur l’eau ...
Les avis des lecteurs
Postez un avis
Il n'y a aucun commentaire.