Numéro : HS26
Parution : Août / Septembre 2026
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L’univers des multicoques a toujours été plus innovant et plus réactif en termes d’ergonomie, de design et de suivi des usages que celui des monocoques, plus traditionnel. Rien d’étonnant à ce que la plupart des acteurs de la filière soient engagés dans la réduction des émissions carbonées et la mise en place de nouvelles solutions pour mieux préserver nos mers et nos océans. Revue de détail de ces actions – et bien sûr de ceux qui agissent pour l’environnement.
Quand on ouvre le chapitre du respect de l’environnement et de la décarbonation dans le domaine de la plaisance, nos interlocuteurs ont tôt fait d’évoquer les 100 000 cargos, pétroliers et autres paquebots qui sillonnent nos océans, font escale et… ne coupent jamais leurs machines. Leur discours est bien rodé : à quoi servent les moteurs électriques et les matériaux recyclés dans la plaisance face à ces pollueurs XXL ?
Première réponse : la marine marchande a déjà démarré, elle aussi, sa transition écologique. Les navires utilisent des moteurs plus économiques, naviguent un peu moins vite, et surtout… s’intéressent à la voile. Beyond the Sea a testé une de ses ailes de kite de 100 m² sur un chimiquier chilien. Si les fabricants d’ailes gonflables comme Aeroforce (ce type de gréement, déjà évoqué, a été utilisé sur le MODX 70) et rigides, comme ACCWing, ont développé des solutions qui permettent à nos multicoques de naviguer plus vite et plus facilement, ils sont également en mesure de soulager les motorisations polluantes des grands navires.
Deuxième argument : la plupart des législations qui protègent les côtes et les plans d’eau intérieurs se durcissent. Tout comme dans certains ports, il est souvent déjà interdit de rejeter des émissions carbonées. Alors autant anticiper, non ?
Ensuite, il y a la force de l’exemple. Si des solutions marchent pour la plaisance, elles pourront sans doute être utilisées pour la pêche et la marine marchande.
Passé la prise de conscience, place à l’action. La transition écologique s’appuie sur quatre axes principaux : réduire les rejets carbonés en navigation, utiliser des matériaux recyclables et moins polluants, préserver l’environnement et… conserver son multicoque plus longtemps.
A l’instar de l’automobile, la motorisation électrique a le vent en poupe. Il a 5 ans, seulement une petite poignée de constructeurs proposait une formule hybride ; aujourd’hui, comme en témoigne le Guide d’Achat Forever Green de ce numéro, près de la moitié des fabricants de multicoques à voile le font. Et même du côté des multipowers, la tendance est clairement à la mise en place de solutions électriques. Ces dernières restent le plus souvent attelées à un groupe électrogène, car les capacités des batteries n’offrent pas encore une autonomie supérieure à 100 milles en mode tout électrique. Mais, grâce aux panneaux solaires, on peut désormais rester « propre » au mouillage, voire tout le temps avec le M.10 de Millikan. A ce jour, les multicoques de série 100 % électriques se comptent sur les doigts d’une main – le M.10, le MODX 70 cité plus haut et les catamarans voile d’Aventura Yachts. L’expérience menée par Jimmy Cornell à bord d’un Outremer 4X expérimental a tourné court, démontrant que se passer d’un groupe électrogène demandait à la fois une importante capacité de production et une gestion très rigoureuse de la consommation d’électricité.
Une évidence : naviguer à la voile est ...
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