Numéro : 238
Parution : Août / Octobre 2026
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Rédactrice pour Multicoques Mag, Laura poursuit son périple en famille à bord de son Bali 4.2. Avec Seven Summits Sailing, elle partage une expérience vécue, loin des cartes postales convenues, au fil des lieux qui laissent une empreinte durable. Aujourd’hui, elle partage avec nous une escale en Grèce, au nord du golfe de Corinthe.
Une fermeture anticipée du canal de Corinthe annoncée à la dernière minute nous pousse à accélérer. Nous le franchissons in extremis avant de déboucher dans le golfe de Corinthe, cette longue mer intérieure qui sépare le Péloponnèse de la Grèce continentale. Comme souvent en navigation, notre objectif est simplement de trouver un mouillage pour la nuit. Les abris parfaitement abrités ne sont pas si nombreux ; finalement, nous jetons l’ancre à Galaxidi. Ce village est situé à une soixantaine de milles du la sortie du canal, tout au nord du golfe. Nous ne comptons y passer qu’une soirée avant de reprendre notre route vers l’ouest. Le vent en décide autrement. Une dépression nous oblige à prolonger notre escale de quelques jours. Et puis, sans que l’on sache vraiment pourquoi, quelque chose se passe. Ce lieu nous retient. Il existe des escales où l’on arrive avec une date de départ déjà en tête. Et puis il y a celles où le temps ralentit presque malgré soi. A Galaxidi, les journées s’étirent naturellement. Lorsque le beau temps revient enfin, nous pourrions repartir… mais nous n’en avons plus vraiment envie. Le village a échappé au tourisme de masse. Quelques Athéniens y passent leur week-end, quelques équipages font escale, et deux ou trois bateaux semblent avoir oublié jusqu’à leur prochaine destination. Ici, la vie continue toute l’année. Les cafés restent ouverts, les habitants se connaissent et les quais ne vivent pas uniquement au rythme de la saison estivale.
L’environnement est superbe. Deux mouillages parfaitement protégés encadrent un petit port niché entre des îlots verdoyants, avec en toile de fond les reliefs du mont Parnasse. Difficile d’imaginer qu’à seulement quarante minutes de route se trouve Delphes, l’ancien « nombril du monde », et qu’en hiver les pistes de ski du Parnasse attirent les Athéniens. Pour entrer dans la baie, aucune difficulté : le chenal est large et bien dégagé. Une fois le cap franchi, le relief referme progressivement l’horizon, la mer s’apaise et le silence s’installe. Dans le port, l’amarrage se fait « à la grecque » : ancre dans le sable, puis longue marche arrière jusqu’au quai. Une manœuvre typiquement méditerranéenne qui demande un peu d’anticipation, mais qui reste très confortable dans ces conditions abritées. A l’extérieur, deux vastes mouillages offrent également une excellente protection et des fonds de sable et de vase d’une remarquable tenue. En plein été, quelques beaux yachts et grands voiliers élégants animent discrètement les quais. L’ambiance est vivante sans jamais devenir ostentatoire. Lorsque nous arrivons, début octobre, ils ont presque tous disparu. Il ne reste qu’une poignée de navigateurs : un couple d’Espagnols, des Danois, un Irlandais, un Français… Une petite communauté cosmopolite qui se retrouve naturellement autour d’un verre d’ouzo au Café Bar O.K. Très vite, une routine s’installe. Le matin, les ...
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