TEM

Trois ans autour du monde sans savoir naviguer !

Pascaline et Arnaud ont quitté leur vie à terre pour trois ans autour du monde à bord de TEM, leur Outremer 55, dans le cadre du rallye GLYWO25. Seul petit détail : Pascaline n'avait jamais navigué ! Un an et deux océans plus tard, la voici aux Fidji, avec une première année de voyage derrière elle et le sentiment d'être devenue… un peu navigatrice ! 

Qui : Pascaline et Arnaud
Où : Fidji, septembre 2026
Multicoque : Outremer 55 
Instagram : @letourdumondedetem
YouTube : Tem Toi et Moi
Polarsteps : Tem Toi et Moi


Septembre 2025. C'est le grand saut. Nous partons pour trois ans autour du monde, sans vraiment savoir ce qui nous attend. Étions-nous prêts ? Aucune idée. Nous en avions simplement envie. Trente-cinq ans d'une vie que nous aimions, rangés dans des cartons. Et nous voilà partis à bord de notre Outremer 55, TEM, avec le rallye GLYWO25 et une vingtaine d'autres équipages. Seul hic : je n'ai jamais navigué ! Mes premiers pas dans le monde de la voile sont laborieux. Tout me paraît compliqué, trop technique, avec un vocabulaire incompréhensible. Les voiles, les manœuvres, la météo, les courants, les instruments… Un univers qui m'est totalement étranger. Très vite, je me dis que ce n'est pas pour moi. Heureusement, quelques sessions de navigation entre femmes vont me faire changer d'avis. J'apprends, je recommence, je me trompe aussi, mais je prends confiance. Peu à peu, les gestes deviennent moins intimidants.

Septembre 2026. Deux océans traversés, des dizaines de mouillages, des paysages magnifiques et des rencontres extraordinaires. Me voilà dans une marina aux Fidji, entourée des équipages avec lesquels j'ai partagé cette première année. Et, chose assez incroyable, je discute maintenant avec eux de direction du vent, de voiles, de stratégie de navigation et même de problèmes techniques. Je commence à comprendre notre catamaran. Les manœuvres me semblent plus naturelles, les voiles moins mystérieuses. Je reconnais mieux ses réactions et parviens parfois à les anticiper. Bon, je ne suis pas encore la femme qui murmure à l'oreille des catas, mais il y a du progrès ! Il a aussi fallu apprendre à vivre avec la météo. Pluie ou soleil, vent ou pétole, mer calme ou agitée, de jour comme de nuit… On s'adapte. Enfin, on essaie. Je me suis souvent demandé ce que je faisais là. Rêver du grand voyage depuis son canapé, c'est une chose. Se retrouver au milieu de l'Atlantique ou traverser le Pacifique, que j'appelle désormais « l'océan pas si chic », c'en est une autre. Les quarts de nuit restent une épreuve. Je n'ai toujours pas trouvé comment apprécier le manque de sommeil. Mais les paysages et les rencontres compensent largement les difficultés. J'ai aussi découvert qu'en bateau, on ne fait pas toujours ce qu'on veut. On choisit sa destination, mais pas forcément son heure d'arrivée. Après trente-cinq ans d'une vie rythmée par les rendez-vous, il faut apprendre à attendre, à changer ses plans, parfois à renoncer à une escale… et se demander pourquoi on a eu cette drôle d'idée de partir. Heureusement, un beau coucher de soleil, quelques dauphins autour des étraves ou un mouillage particulièrement réussi suffisent parfois à faire oublier les mauvais moments. Aujourd'hui, j'ai encore beaucoup à apprendre. Les chiffres me donnent parfois du fil à retordre, certaines manœuvres demandent toute ma concentration et je ne suis pas toujours rassurée quand les conditions se compliquent.  Mais je ne suis plus simplement celle qui accompagne. Je participe aux manœuvres, je comprends mieux les décisions et je donne mon avis sur la navigation. Il m'arrive même de prendre certaines décisions moi-même. Je repense à celle que j'étais au départ, perdue devant tous ces bouts et ces instruments. Jamais je n'aurais imaginé me retrouver un an plus tard aux Fidji, à parler météo et réglages de voiles avec les autres équipages. Et il nous reste encore deux ans de navigation, de découvertes, de nouveaux mouillages… et certainement quelques moments où je me demanderai ce que je fais là. Au fond, je ne pensais pas devenir navigatrice. Je voulais simplement voyager. Mais pour faire ce voyage, il a bien fallu apprendre à naviguer. Alors, quand je me demande encore « Pourquoi ? Pour quoi faire ? », je commence à avoir une réponse : parce que je me sens vivante.

TEM continue sa route. Moi aussi.

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