Spear It Animal

Une nouvelle motorisation

Ceux qui suivent Raf et Sascha depuis le début de leur aventure en multicoque le savent : lorsqu’ils ont pris possession de leur Lagoon endommagé par un ouragan, les deux moteurs d’origine ainsi que l’un des sail-drives avaient été volés. Leur chantier de restauration ne nécessitait donc pas seulement un nouveau gréement, mais également une motorisation entièrement repensée.

Qui : Raf et Sascha
Où : Grenade, Antilles
Multicoque : Lagoon 450S
YouTube : @SpearItAnimal
Il n’a jamais été question de simplement remotoriser leur catamaran : Raf et Sascha repartaient pratiquement d’une feuille blanche. Plus ou moins de puissance, propulsion électrique, hydrogénération… les possibilités semblaient innombrables, mais le choix devait avant tout correspondre à leur programme de navigation. Une décision importante a été de se passer de groupe électrogène. L’essentiel de l’électricité proviendra d’une importante surface de panneaux solaires, comme sur leur précédent monocoque – avec évidemment beaucoup plus de place disponible sur un multicoque. Mais même sous les tropiques, le soleil ne brille pas toute la journée : les alternateurs des moteurs devront donc parfois assurer le complément.
Faire tourner un diesel à faible régime et avec peu de charge, comme c’est souvent le cas au mouillage, peut favoriser les dépôts de carbone dans l’échappement et le glaçage des cylindres en raison d’une combustion incomplète. Un alternateur ne réclamant que relativement peu de puissance, plus le moteur est gros, plus faible est la proportion de sa puissance réellement sollicitée. Il fallait donc des moteurs suffisamment petits pour éviter une usure inutile, mais assez puissants pour propulser leur 45 pieds les jours sans vent.
Autre priorité : la simplicité. De nombreux diesels modernes font appel à une électronique sophistiquée et à des systèmes de gestion informatisés. Pouvoir tout surveiller depuis son smartphone en étant allongé sur le trampoline est séduisant, mais que faire en cas de panne au mouillage devant un atoll perdu du Pacifique ? Ces systèmes sont difficiles à réparer pour le plaisancier moyen, sans même parler de trouver les pièces nécessaires. Raf et Sascha recherchaient donc des moteurs dépourvus d’électronique complexe, qu’ils pourraient réparer eux-mêmes ou confier à un mécanicien local. Leur choix s’est porté sur deux Nanni N4.50, des diesels quatre cylindres de 47,5 ch dotés d’une bonne vieille injection mécanique – pas de common rail piloté par calculateur ici ! Basés sur un bloc Kubota éprouvé, largement utilisé dans les engins agricoles et de chantier, ils peuvent être entretenus et réparés avec un outillage simple. Une solution rassurante pour partir loin de tout. Et le meilleur avec les Nanni N4.50 ? Ils sont déjà peints en « Spear-it-Animal Blue » ! Il ne reste plus qu’à découvrir leur installation dans un prochain épisode.

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