Le Pacifique à rebours, de Tahiti jusqu’au Panama !
Véro, Patrice et leur chienne Windy sont québécois et parcourent le monde à la voile depuis 2019. Après avoir navigué sur leur Lavezzi 40 Atypic 2.0 - le premier Atypic était un monocoque -, ils ont décidé de poursuivre l’aventure autrement. Désormais convoyeurs, ils embarquent sur les bateaux d’autres propriétaires. Leur dernier défi était de taille : traverser le Pacifique de Tahiti au Panama, à rebours de la route habituelle, face aux alizés et aux courants dominants.
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Publié le 30/09/2026
Numéro :
239
Parution :
Nov.
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Déc.
2026
Où : Tahiti - Panama
Multicoque : Lagoon 410
YouTube : @SailingAtypic
Depuis la vente de leur catamaran, Atypic désigne moins un bateau qu’une manière de vivre et de naviguer. Forts de plus de 25 000 milles parcourus, Véro et Patrice, toujours accompagnés de Windy, enchaînent convoyages et traversées océaniques. Leur dernière mission les a conduits de Tahiti jusqu’au Panama, à rebours de la route habituelle, face aux alizés et aux courants dominants. Voici quelques extraits de leurs impressions à l’arrivée.
Et côté navigation, qu’est-ce que ça donne ?
« Pendant notre passage dans le Pot-au-Noir, on a dû gérer notre route en fonction de deux ouragans. Le premier, Fausto, était de catégorie 2 et on a réussi à utiliser les vents générés par le système pour progresser vers l’est. Puis Geneviève, de catégorie 4, est passé au plus près à environ 700 milles de nous. Deux ouragans surveillés de très près, mais qui, ironiquement, nous auront tous les deux donné des vents favorables. Le plus difficile n’a pas nécessairement été la navigation, mais le stress presque constant, les décisions à prendre, les bris qui s’enchaînent et le manque de sommeil. Au milieu du Pacifique, quand quelque chose brise, il n’y a pas de mécanicien le lendemain matin ! Il faut comprendre le problème, regarder ce qu’on a sous la main et trouver une façon de continuer. Quand on voit tout ce qu’on a réparé et bricolé, on réalise à quel point on est capables de trouver des solutions quand on n’a pas le choix. Cette traversée nous a surtout fait mesurer le chemin parcouru : des situations qui nous auraient complètement dépassés il y a quelques années font maintenant partie des problèmes qu’on analyse et qu’on règle. Si c’était à refaire, on garderait sensiblement la même quantité de diesel. On était partis avec 780 litres, et il devrait nous en rester environ 300 à l’arrivée. Avec une météo capricieuse et les problèmes mécaniques rencontrés, on ne regrette pas cette marge de sécurité. Pour l’essence, en revanche, on en aurait pris davantage ! On avait environ 100 litres, et on aura pratiquement tout consommé. Notre congélateur a cassé, obligeant à faire fonctionner la génératrice presque tous les soirs. Et dans les derniers jours, notre dinghy et son moteur de 15 ch sont carrément devenus un moyen de propulsion pour le catamaran ! Notre seul moteur utilisable perdant son huile, on aurait aimé continuer à nous pousser avec le dinghy jusqu’à destination, mais on a fini par manquer d’essence. Pour l’eau potable, nos calculs étaient bons : 300 litres au départ, et environ 50 à l’arrivée. Pour la nourriture, on aurait aimé en avoir un peu plus. Mais en convoyage, ce n’est pas notre multicoque et on ne voulait pas le surcharger de provisions. Sur notre propre bateau, on aurait rempli les coffres au maximum ! Après ces 41 jours, s’il y a une chose qu’on retient, c’est que le Pacifique peut te réserver beaucoup de surprises. »

