Pacifique

Louisiades, l'archipel du bout du monde… (2e partie) Mauvais coup…

Publié le 20 juillet 2017 à 0h00

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Triste réalité…

Un peu plus à l’ouest, j’ai repéré sur la carte de l’île de Pana Wina une baie au fond de laquelle un marigot coule en séparant l’île en deux. Je me dis que c’est forcément un endroit prisé des salties (crocodiles de mer), or nous aimerions bien en voir un dans son milieu naturel. Sans pour autant nous faire bouffer, si possible ! Nous mouillons dans la baie, où l’on aperçoit les cases d’une famille papoue qui vit là, de façon complètement isolée. Une pirogue à voile, deux petites pirogues à pagaies, trois cases. Je me rends à terre avec le kayak du bord pour les saluer. L’homme vit à cet endroit avec sa femme, malade. Une de leurs filles vient régulièrement du village voisin passer quelques heures chaque jour avec eux pour les aider. Elle passe par la grève, à marée basse, plusieurs heures de marche… Nous verrons très peu de personnes âgées aux Louisiades : à l’évidence, l’espérance de vie y est courte, non pas tellement je pense du fait du mode de vie, mais plus probablement de l’absence totale de soins appliqués depuis la naissance. L’homme me confirme qu’il y a des crocodiles dans le marigot, mais qu’y accéder est très difficile, et qu’en général ils préfèrent sortir en pleine eau la nuit, quand la mer est calme dans la baie. Nous tenterons prudemment une battue familiale de jour sur une rive, nos bâtons à la main, prêts à détaler, mais les salties de Pana Wina resteront cachés dans la mangrove.

 La collecte des ailerons de requins, rare monnaie d’échange pour les villageois, mais pratique regrettable encouragée par la consommation asiatique…

Escale insolite dans un archipel oublié…

Nous longeons Gigila Island, passons devant de petits villages côtiers, et jetons l’ancre dans Robinson Harbour, tout près de la petite île de Talfaur, reliée à Gigila par un isthme de sable recouvert à marée haute. Nous serons particulièrement bien accueillis à Talfaur, grâce à la famille de Ronnie, qui est aussi celle du chef du village. Ronnie, la trentaine, est d’un commerce agréable, intelligent, parlant bien l’anglais, il s’intéresse à tout. Il nous raconte comment il a été chercher sa jeune femme sur la grande île proche de Misima, et comment il a été obligé de travailler plusieurs mois pour le compte de son beau-père, avant de pouvoir revenir dans son petit village de Talfaur, dans le lagon, avec sa belle dans les bras… Ronnie nous emmène dans les jardins cultivés, de l’autre côté de l’isthme. Il envoie un gamin en haut d’un cocotier pour nous offrir des noix de coco à boire, pleines de fraîcheur. Au retour, nous montons voir la petite source qui donne de l’eau aux villageois. Ronnie se sépare rarement de son fils de 3 ans, qui l’accompagne à peu près partout.

La case du chef du village, à Talfaur

Dans sa case, le chef me montre une installation électrique basique donnée par une association de bienfaisance australienne. Un équipement que nous retrouverons aussi dans d’autres villages : un panneau solaire, un régulateur, une batterie, un néon. Les villages des Louisiades sont bien sûr noyés dans l’obscurité dès que la nuit tombe, vers 18h00. Pas de groupe électrogène, encore moins de réseau ! Le feu couve ...

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