Les aventures du catamaran Jangada continuent dans l'archipel du bout du monde que sont les Louisiades…
Au village situé sur la côte nord de Pana Tinani, nous avons la surprise de constater qu’une embarcation pêche les requins, la nuit, à l’hameçon (de boucher !). Mais uniquement pour les ailerons… Je devine que ces derniers sont probablement coupés sur les animaux alors que ceux-ci sont encore vivants, car les requins sont vivaces, ils ont la mort lente, et les pêcheurs ne prélèvent que les ailerons… Carrément moche, ce mode opératoire, c’est le moins que l’on puisse dire. Mais, dans ce mode de vie primitif, les requins sont considérés comme des ennemis des villageois, et de leurs enfants. Et ils sont aussi l’un des très rares moyens d’échange économique pour la population locale. Ce serait trop simple si toute chose était blanche ou noire… Je demande à voir le séchage. Un villageois m’emmène sur le toit d’une case où sèchent des dizaines d’ailerons de requins, certains correspondant à des animaux de 3 à 4 mètres de longueur. Dans la case, je vois 2 gros sacs d’ailerons prêts à être emmenés à Alotau par la "goélette". Les consommateurs sont japonais ou chinois. Ce sont davantage ces consommateurs asiatiques qu’il convient de blâmer, me semble-t-il, car, dans notre monde pas toujours joli joli, c’est bien souvent le marché, quel qu’il soit, qui crée l’activité, quelle qu’elle soit. Non ? La sagesse humaine qui conduit à la sobriété heureuse dans un environnement naturel préservé, ce n'est pas pour tout de suite. Mais il faut y travailler !
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