Motorisation

Quelle transmission choisir pour votre multicoque ?

Même si vous possédez un catamaran ou un trimaran à voile, la motorisation reste un élément primordial. Tout auxiliaire qu’il est, ce mode de propulsion vous permet de sortir ou de rentrer au port, de faire route les jours sans vent, de garantir votre sécurité et celle de votre équipage en cas d’avarie ou de coup dur et enfin de recharger les batteries. Quant aux multipowers, il leur faut bien des moteurs sous peine de devenir des house-boats…

Lors de l’achat, le poste motorisation n’est pas à négliger, et ce d’autant que de plus en plus de constructeurs se lancent dans l’électrique et/ou l’hybride... Les équipementiers offrent quant à eux plusieurs choix. Un panel de différentes puissances, de marques, mais aussi de types de transmission – c’est ce qui nous intéresse aujourd’hui.
Lors de la remotorisation d’un multicoque d’occasion, vous pouvez également vous posez cette question : ligne d’arbre, sail drive ou pod ?
Voici donc un aperçu des solutions proposées avec leurs avantages et leurs inconvénients.

La transmission par ligne d’arbre


C’est la plus ancienne et la plus traditionnelle des transmissions. Son principe est simple, puisqu’il s’agit de connecter un arbre au moteur, positionné plus ou moins en avant dans la coque, tandis qu’à l’autre bout de cet arbre, se trouve l’hélice. Plus le moteur est avancé, meilleur est le rendement puisque la ligne d’arbre affiche un angle plus faible par rapport à la ligne de flottaison.
Ce système est simple et plutôt fiable. Il demande toutefois un peu plus de maintenance, notamment au niveau du presse-étoupe et de l’alignement.


Avantages :

- Fiabilité
S’agissant d’une solution simple utilisée depuis très longtemps, la ligne d’arbre est fiable et durable. Le trou rond de relativement faible diamètre dans la coque limite les conséquences d’une voie d’eau.

- Maintenance
Encore une fois, grâce à la simplicité du système, la maintenance reste simple et surtout peu coûteuse.

- Bonnes performances au long cours
À condition d’avoir un moteur assez coupleux, la ligne d’arbre offre des performances correctes pour faire route, mais pas d’accélérations fulgurantes.

Inconvénients :

- Besoin d’espace
Pour fonctionner de manière efficace, la ligne d’arbre doit utiliser l’angle le plus faible possible par rapport à la ligne de flottaison. Dans les coques modernes, peu profondes, cela oblige souvent à installer le moteur un peu plus en avant et de laisser la place pour la ligne d’arbre, ce qui occupe de la place à bord. Un angle important se traduit pas une baisse de rendement et un surcroit de vibrations.

- Vibrations et bruit potentiellement plus élevés
Les transmissions à ligne d’arbre sont fameuses pour leurs vibrations. Un problème qui est en partie résolu avec une bonne installation.

- Nécessite un alignement précis
Une transmission à ligne d’arbre doit être parfaitement alignée. Si ce n’est pas le cas, cela peut engendrer des vibrations supplémentaires, des frottements, un rendement inférieur à la normale, voire la détérioration de certains joints ou du presse-étoupe.

La transmission sail drive


De plus en plus répandue, la transmission sail drive est également un peu plus complexe que la ligne d’arbre. Le moteur est ainsi connecté à un arbre court, lui-même en prise avec un renvoi sur un arbre vertical à l’extérieur de la coque, lequel est raccordé à un dernier renvoi qui entraîne l’hélice. Ce système est de plus en plus utilisé pour les constructeurs car il procure un gain de place significatif à bord.

Avantages :

- Gain de place
C’est le principal argument de cette transmission. En effet, grâce à l’arbre court connecté au moteur et aux deux renvois, la majeure partie du système est située à l’extérieur de la coque. Cela permet de sauver de la place à bord des multicoques qui se veulent toujours plus habitables.

- Installation aisée
L’installation d’une transmission sail drive est relativement facile, car elle ne nécessite pas d’alignement et que le système est généralement fourni complet, prêt à être connecté au moteur.

- Moins de vibrations
Plus moderne et dotée d’un système d’engrenage, cette transmission vibre beaucoup moins qu’une ligne d’arbre classique

- Pas de presse-étoupe
Les problèmes de presse-étoupe sont un grand classique de la plaisance. L’embase sail drive n’utilise pas de presse-étoupe, ce qui fait disparaître les fuites récurrentes.

Inconvénients :

- Maintenance
Le sail drive étant un système plus complexe, la maintenance est logiquement plus exigeante comparée à celle d’une ligne d’arbre. Il faut ainsi prévoir une vidange au moins une fois par an. Les différents joints et parties en caoutchouc doivent, eux aussi, être remplacés tous les 5 ans environ.

- Coût global
Encore une fois, la complexité du système a des conséquences… tant sur le budget d’achat global que sur le coût de la maintenance - d’autant qu’une partie des opérations nécessite l’expertise d’un professionnel.

- Fragilité
En cas de choc ou d’incident comme un bout pris dans l’hélice, le sail drive peut être endommagé, mettant en cause son étanchéité. Cela peut se traduire par une entrée d’eau dans les engrenages, ce qui dégrade l’huile. Un choc important peut se solder par une voie d’eau plus difficile à étancher que celle qui adviendrait avec un arbre d’hélice classique.

- Performance
Par rapport à un système en ligne, la déperdition de puissance est plus importante avec un sail drive du fait des engrenages. En revanche, la poussée est toujours horizontale…

- Puissance limitée
Un système sail drive est incapable de supporter une puissance importante. Concrètement, les puissances excèdent rarement 50 à 70 CV (150 CV désormais à bord du Lagoon 60) ce qui est largement suffisant pour la plupart des usages pour un multicoque à voile jusqu’à 50 pieds, mais clairement insuffisant pour les grandes unités ainsi que les multipowers de plus de 40 pieds.

La transmission par pod


Dernière génération de transmission, la transmission par pod est directement inspirée des gros navires de type cargo ou navires de croisière. Contrairement aux autres modes de propulsion où l’hélice est complètement à l’arrière du bateau, les pods sont positionnés plus en avant et implantés à travers la coque. L’hélice, placée vers l’avant, travaille à la manière d’un avion et donc tracte le bateau au lieu de le propulser.
Ce système permet d’obtenir un meilleur équilibre du bateau en améliorant la répartition des masses. Le fait que l’hélice soit plus au centre aide aussi à améliorer la manœuvrabilité, le multicoque tournant quasiment autour d’un axe qui est au plus proche du centre de carène.
Le plus connu et le plus répandu de ces systèmes est évidemment le Volvo IPS, mais il existe également une version chez Mercury dénommé Zeus.
Les pods sont également plébiscités par les fabricants de moteurs électriques.

Avantages :

- Manœuvrabilité
Situé près de l’axe central du multicoque et pouvant pivoter à 360 degrés, le pod offre une très bonne maniabilité.

- Consommation
Très efficace, le système de pod est également moins gourmand en puissance et permet de diminuer la consommation.

- Réduction des vibrations et du bruit
Grâce à sa technologie, le système de pod réduit sensiblement le bruit et les vibrations, un plus pour le confort.

Inconvénients :

- Coût initial élevé
Système très avancé technologiquement, la transmission par pod est également bien plus chère à l’achat que les autres transmissions.

- Maintenance spécialisée nécessaire
Le système de pod et notamment l’IPS demande une maintenance importante et effectuée par un technicien spécialisé, ce qui n’est pas toujours évident dans certaines parties du monde.

- Besoin d’une coque spécifique
Pour que le système fonctionne efficacement, les constructeurs doivent dessiner une coque spécifique, ce qui implique un choix industriel au départ.

- Hélice exposée
L’hélice étant dirigée vers l’avant, elle est naturellement plus exposée à un choc que sur un système classique où l’hélice est protégée par les dérives/quillons et parfois les safrans.

La transmission hors-bord

Avec le développement important du segment des powercats de 20 à 40 pieds, nombre d’unités sont désormais motorisées avec des moteurs hors-bords. Ce type de moteur(s) est également un choix cohérent à bord d’un petit multicoque à voile de moine de 30 pieds.
Le principe est simple puisqu’il consiste à accrocher au tableau arrière un moteur doté d’une embase et d’une hélice pour propulser le multicoque.

Avantages :

- Simplicité d’installation
L’installation d’un moteur hors-bord est assez simple et encore plus aujourd’hui avec les directions électriques qui réduisent les câblages. Il suffit plus ou moins de le connecter à la batterie et au réservoir d’essence et le tour est joué.

- Encombrement
Le fait que le moteur soit situé à l’extérieur des coques permet d’utiliser la place à bord pour autre chose.

- Grand choix de puissances
Les moteurs hors-bord sont aujourd’hui disponibles de 2,5 à 600 CV, ce qui offre une large marge de manœuvre et permet d’adapter parfaitement la puissance à chaque multicoque.

- Maintenance
Situé à l’extérieur des coques, le moteur hord-bord permet de simplifier la maintenance. En outre, les motoristes ont fait de nombreux progrès ces dernières années pour rendre les opérations de maintenance courantes encore plus faciles tout en gardant le multicoque à l’eau.

- Tarif
Même si les tarifs ont récemment augmenté, le hors-bord reste relativement abordable compte tenu de la puissance fournie.

Inconvénients :

- Consommation importante
Comparée à celle plutôt raisonnable des diesels in board, la consommation s’envole dès qu’on pousse un peu la mécanique.

- Esthétique
Tout est question de goût, mais le moteur hors-bord reste un élément qui dépasse du multicoque et qui n’est pas toujours très bien intégré à la ligne ; le moteur in-board, lui, reste invisible.

- Installation précise
Pour fonctionner parfaitement, un moteur hors-bord se doit d’être bien installé sur la coque. Cela signifie que la hauteur du moteur doit être adéquate sur le tableau arrière, que la dérive anti couple soit bien réglée, mais aussi que le choix d’hélice soit adapté au multicoque et à son utilisation.

Quel système choisir ?


Le choix de la transmission moteur pour un multicoque dépend de nombreux facteurs.
Le premier, c’est bien évidemment ce que propose le constructeur. Dans certains cas, vous avez le choix, dans d’autres, le modèle qui vous intéresse n’est proposé qu’avec une seule option.

Simplicité et fiabilité


L’autre critère concerne votre programme et l’endroit où vous allez naviguer. Pour de la croisière au long cours et une navigation dans des contrées lointaines, mieux vaut privilégier un système simple et fiable sur lequel vous pourrez intervenir vous-même. Vous pouvez également décider de vos escales en fonction du réseau de professionnels pouvant intervenir sur votre transmission. Pour des navigations plus locales et plus courtes, le choix a moins d’importance.

Budget


Le budget est également un point à prendre en compte sachant que la différence entre une ligne d’arbre et un IPS, pour ne donner qu’un exemple, peut être assez importante. Dans le calcul du budget, n’oubliez pas d’inclure la maintenance sur trois ans pour avoir une vue d’ensemble.

Le confort


Le sail drive et le pod offrent un confort de navigation appréciable tant au niveau de la manœuvrabilité que des vibrations, ce qui peut être important pour certains plaisanciers.

Système traditionnel, la ligne d’arbre est une solution largement éprouvée, facile à entretenir  et plutôt bon marché.
Système traditionnel, la ligne d’arbre est une solution largement éprouvée, facile à entretenir et plutôt bon marché.
La transmission sail drive offre  de nombreux avantages, mais  elle est aussi bien plus complexe.
La transmission sail drive offre de nombreux avantages, mais elle est aussi bien plus complexe.
La transmission sail drive peut aussi être couplée à une motorisation électrique comme dans le système Torqeedo.
La transmission sail drive peut aussi être couplée à une motorisation électrique comme dans le système Torqeedo.
La transmission à pod, comme ici un IPS de chez Volvo est une solution très évoluée sur le plan technologique. Un seul bémol : les hélices sont relativement exposées aux chocs.
La transmission à pod, comme ici un IPS de chez Volvo est une solution très évoluée sur le plan technologique. Un seul bémol : les hélices sont relativement exposées aux chocs.
Le système saildrive reste assez exposé, quoique les dérives ou les quillons peuvent lui assurer une certaine protection.
Le système saildrive reste assez exposé, quoique les dérives ou les quillons peuvent lui assurer une certaine protection.
La puissance des moteurs hors-bords atteint désormais 600 CV, à l’image de ce Mercury Verado à 12 cylindres en V ; de quoi créer une alternative convaincante à la classique motorisation  in board.
La puissance des moteurs hors-bords atteint désormais 600 CV, à l’image de ce Mercury Verado à 12 cylindres en V ; de quoi créer une alternative convaincante à la classique motorisation in board.

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