‹ Retour essai occasion

Tobago 35 - Pour partir loin sans trop dépenser…

Téléchargez l'essai

Produit à moins de 100 exemplaires pendant les années 1990, le Tobago 35 n’a pas connu la diffusion plus large des modèles de la décennie suivante. Ce qui n’empêche pas ce catamaran compact d’être une excellente opportunité pour les budgets serrés.

Fin des années 1980 : les catamarans de croisière commencent tout juste à se faire une place au soleil… Fountaine Pajot est l’un des premiers constructeurs à miser sur deux coques plutôt qu’une – le succès de son Venezia 42 lui donne raison. Jean-François Fountaine décide de créer une gamme complète autour de son modèle phare : Marquises 56 pour le charter de luxe, et Tobago 35 en guise de petit frère. Les signes distinctifs retenus sont la casquette avant de rouf, bien utile pour protéger la nacelle des rayons solaires les plus verticaux, et les étraves camuses. Le 35 conserve le même design, tout en courbes.

 

Du potentiel, mais pas au près !

Léger et bien toilé, le Tobago 35 est incontestablement une unité rapide : il atteint vite les 10 nœuds, sans forcer pourvu que la brise soit au rendez-vous. Les polaires, avec 20 nœuds de vent, promettent en effet 9 nœuds du bon plein au travers, et largement plus de 10 si une voile de portant est de sortie. Une grand-voile à corne, un gennaker et des hélices repliables feront même de ce modèle un engin très performant et excitant à mener. En revanche, si ses ailerons très courts lui autorisent toutes les fantaisies ou presque en matière d’approches de plage et de découverte des lagons, ils ne sont pas assez profonds pour bien accrocher au près par petit temps. 35 pieds, c’est un peu court en taille pour des navigations au large confortables, mais le Tobago est néanmoins assez sûr pour se lancer dans un programme de grand voyage. Mais gare à la surcharge : les coques fines de ce plan Joubert/Nivelt ne sont pas taillées pour ça…

Un plan de pont dépouillé

Difficile de faire plus sobre : le plan de pont est très net, et privilégie les surfaces planes, à l’instar des passavants bien dégagés et des vastes trampolines. Le cockpit, bien défendu, s’étale en largeur : il accueille le poste de barre. Un plan de pont dépouillé Difficile de faire plus sobre : le plan de pont est très net, et privilégie les surfaces planes, à l’instar des passavants bien dégagés et des vastes trampolines. Le cockpit, bien défendu, s’étale en largeur : il accueille le poste de barre. 

Deux ou trois cabines, mais pas de portes…

La nacelle est donc bien protégée du soleil tropical grâce au prolongement du rouf vers l’avant et la quasi-absence de panneaux horizontaux. L’espace est plutôt généreux. On y trouve un carré repoussé à l’avant, sur bâbord. La table en forme de goutte d’eau est discutable ; dans la pratique, la circulation est bonne et on peut y manger à six, voire un peu plus en utilisant un ou deux tabourets. Si la cuisine, toute proche du cockpit, est bien traitée avec de nombreux rangements et un panneau ouvrant, la table à cartes est symbolique. On y concentre les instruments, et rien de plus. La version standard propose trois cabines : une dédiée au propriétaire est aménagée travers à la marche dans la coque bâbord, avec un cabinet de toilette. A tribord, deux cabines invités et pas de portes – des toiles zippées ont été retenues. La version Twin propose deux cabines seulement et autant de cabinets de toilette. La finition est sobre, voire rustique ; elle a été améliorée à partir de 1996.

 

Conclusion

Ce modèle lancé il y a 30 ans est particulièrement intéressant aujourd’hui, car il répond à la demande émergente de nombreux jeunes équipages familiaux. Minimaliste, efficace, accessible, facile à entretenir, le Tobago 35 répond à un cahier des charges auquel certains chantiers, comme Aventura et Excess, s’intéressent à nouveau après une longue désaffection. Evidemment, un catamaran de 10 pieds de plus offrira un confort incomparable… Mais le meilleur des multicoques est assurément celui qu’on peut s’offrir !

Les +

+ Performances convaincantes dès le bon plein
+ Budget limité
+ Faible tirant d’eau

Les - 

- Charge utile limitée
- Un peu décevant au louvoyage
- Confort relatif

LES POINTS À VÉRIFIER

Structurellement, le Tobago 35 est bien construit : la plupart des unités restent rigides et saines. Idem pour le gréement et les appendices, bien échantillonnés. La poutre avant souffre parfois de corrosion et ou de micro fissures à la jonction des coques. Les aménagements, très simples, ont pu souffrir de l’humidité prolongée, mais restent aisés à remettre à neuf. Le plus souvent, cette opération se limite aux vaigrages et à la sellerie. Comme à bord de toutes les unités âgées de plus de 20 ans, tous les périphériques sont à surveiller de près. Moteurs, électricité, plomberie sont à contrôler en priorité. Quant à l’électronique et aux voiles, elles ne sont plus d’origine – c’est souhaitable !

FICHE TECHNIQUE

Chantier : Fountaine Pajot
Architectes : Joubert/Nivelt
Matériau : polyester et sandwich balsa polyester
Longueur de coque : 10,60 m
Longueur à la flottaison : 10,00 m
Largeur : 5,85 m
Tirant d’eau : 0,95 m
Poids lège : 4,00 t
Surface de voile au près : 68,00 m2
Grand-voile : 40 m2
Génois : 28 m2
Moteur : IB 2 x 10 CV diesel
Capacité carburant : 120 l
Eau : 220 l
Diffusion : 89 exemplaires de 1993 à 2000
Prix occasion : à partir de 80 000 euros HT
Essai complet dans MM n° 49

Partagez cet article