« Waouh ! C'est énorme. Énorme ! », s'enthousiasme le skipper, qui ne cache pas sa joie. Parti de La Rochelle le 4 octobre pour une transat en solitaire, sans escale et sans moteur, Éric a déjà parcouru bien plus de la moitié de sa route totale, puisqu'il lui a d'abord fallu descendre jusqu'aux Canaries avant de mettre le cap à l'ouest.
Mais derrière les chiffres se cache surtout une belle histoire. La pointe de la Grande Vigie, Éric la connaît bien : il s'y rendait chaque année, contemplait l'immensité de l'océan et rêvait qu'un jour, lui aussi, arriverait de l'autre côté de l'Atlantique, à la voile.
Aujourd'hui, ce rêve prend une tout autre dimension. Le navigateur s'imagine déjà découvrant cette côte depuis le large, comme les grands marins apercevant le cap Horn après des semaines de navigation. « À chacun son Everest ! », résume-t-il joliment. Reste toutefois à garder la tête froide : 1 250 milles séparent encore Skiboo 2 de la Grande Vigie, auxquels s'ajouteront 60 à 90 milles pour rejoindre la ligne d'arrivée. Éric espère boucler sa traversée en une trentaine de jours, ce qui lui laisserait encore une semaine de mer. A bord, un atelier couture s’organise pour réparer le gennaker, de nouveau déchiré.
Mais pour l'heure, le moral est au beau fixe. « Ici, c'est la fête. On est contents ! » conclut le skipper qui ouvre chaque jour l’enveloppe qu’on lui a préparée avant le départ.
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