Multicoques Match

MULTICOQUES MATCH Acheter son catamaran moins cher : vaut-il mieux choisir la copropriété ou la gestion-location ?

Publié le 01 décembre 2014 à 0h00

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Pour la gestion-location Par Frédéric Moreau, directeur commercial de Dream Yacht Charter

Le rêve d’acquérir son propre multicoque est assez répandu, mais attention aux désillusions !
Avant d’acquérir un bateau, la plupart des amateurs échafaudent des plans sur la comète en s’imaginant naviguer au gré du vent, du trait de côte, des mouillages, tout cela en famille ou avec les amis. Ces personnes s’exposent à la frustration, car la réalité peut être sensiblement différente ! L’activité professionnelle, les enfants scolarisés, les obligations familiales de toutes sortes viennent écorcher le rêve initial, et le temps d’utilisation s’avère disproportionné par rapport aux charges incompressibles (place de marina, assurance, entretien, réparations, taxes…). Tout le monde s’accorde à constater que la plupart des bateaux passent plus de temps à décorer les ports et à enrichir les sociétés gestionnaires qu’à naviguer ! Il est donc fréquent de croiser des propriétaires déçus qui utilisent leur bateau 3 semaines par an ! Les enfants arrivés à la grande adolescence ne veulent plus naviguer avec les parents, l’épouse se lasse de naviguer et de faire escale dans les mêmes ports et mouillages. C’est probablement pour ces raisons que les propriétaires revendent leur bateau et s’intéressent aux contrats de gestion-location intégrés. Les plaisanciers (anciens propriétaires ou locataires) investissent de plus en plus dans des unités en gestion-location, non pour posséder le navire, mais pour naviguer sans les contraintes de la propriété traditionnelle. Une gestion-location intégrée, c’est surtout l’adhésion à un état d’esprit de liberté, de voyages et de découvertes. Naviguer l’hiver dans les zones tropicales et l’été en Méditerranée, par exemple. C’est la liberté de mouvement en fonction des envies et de l’emploi du temps, et rien n’est imposé. Les contrats de gestion-location permettent aux investisseurs de naviguer à moindre coût, car toutes les charges incompressibles (place de port, assurance tous risques, frais de maintenance) sont payées par l’exploitant. Dans la plupart des contrats, l’investisseur reçoit un revenu garanti, net, payé chaque mois et non fiscalisable, car généralement lié à un financement de type location avec option achat (LOA) et l’investisseur ne génère aucun bénéfice. Autre intérêt de ces formules : l’investisseur a la possibilité de naviguer 8 à 12 semaines par an sur son bateau ou d’avoir accès à toutes les bases de la compagnie (chez Dream Yacht Charter, 34 bases) pour lui substituer une unité équivalente aux Caraïbes, à Cuba, aux Seychelles, en Thaïlande, à Tahiti, en Grèce, en Turquie, en Croatie…). Après avoir hésité avec un achat en copropriété, plusieurs personnes ont choisi la gestion par peur d’être confrontées à une incompatibilité de conduite de projet avec leur associé. Même partagés, les soucis liés à la propriété traditionnelle restent de mise : il faut payer les charges, s’occuper de la maintenance et l’organiser ! Les périodes de navigation doivent être réparties entre les copropriétaires (pas toujours très facile à mettre en place, il faut ménager la susceptibilité de l’autre !). Parfois, ces aventures se terminent par des désaccords (souvent liés aux charges d’utilisation) et les navigations s’effectuent toujours aux mêmes endroits, à proximité du port d’attache ; seules les personnes retraitées y trouveront un avantage. Les contrats de gestion-location sont donc la manière la plus logique d’investir pour un plaisancier, encore en activité avec des enfants scolarisés ou étudiants, souhaitant autofinancer son bateau sans tracas !

Copropriété ou gestion-location pour son catamaran ? Copropriété ou gestion-location pour son catamaran ?

Pour la copropriété

Est-il possible de partager un projet de vie aussi passionnel-personnel qu’une année sabbatique en multicoque ? Voici les éléments de réponse de Matthieu Breton et André Motte, 2 beaux-frères accompagnés de leur tribu. Ils ont réalisé leur rêve en achetant ensemble un Athena 38 d’occasion dans le Pacifique !

La copropriété, c'est possible !
Le choix d'un bateau dépend avant tout de son programme, son mode de financement est étroitement lié au projet. Pour notre part, c’est arrivé comme une évidence. Mon beau-frère et moi avions le même rêve : partir un an en Polynésie française. Même cellule familiale (2 adultes et 3 enfants), même idée avec la possibilité de la réaliser dans la continuité, nous avons donc décidé d'acheter le bateau à deux, de mettre dans un pot commun toutes les dépenses des deux ans de fonctionnement et de se répartir la soulte 50/50 à la revente. Mon beau-frère mûrissait ce projet depuis longtemps, mais peinait à le financer ; moi, j’ai pu saisir rapidement l'opportunité. Nous décidons du type de bateau : ça sera un petit catamaran ! Même sans expérience préalable en multi, c'était le seul à répondre à notre cahier des charges : de l'espace pour les enfants (scolarité oblige), la possibilité d'accueillir les copains motivés et, surtout, une revente plus facile. Il est presque impossible d'acheter une maison en Polynésie, un certain nombre de Popas, en particulier les professeurs mutés, achètent donc des bateaux résidences. Le cata répondait à ces critères, notre choix s'est porté sur un Athena 38 de 7 ans racheté à une société de location et équipé pour l’aventure (changement des moteurs, portique de panneaux solaires, belle annexe avec un HB de 15 CV...). Le voyage s'est magnifiquement déroulé pour les deux familles, malgré un démâtage entre les Gambier et les Tuamotu qui nous a obligés à naviguer sans mât pendant 3 mois chacun (moi à la fin de notre voyage, et mon beau-frère pour débuter le sien !). La copropriété s'est avérée être la meilleure formule pour nous. Nous avons revendu le bateau à l’issue des deux ans (à des Popas non marins !) et l'opération financière a été très raisonnable (30 k€ à répartir, soit 15 k€ pour un an à bord d’un cata en Polynésie !), je re-signe dès que possible et toujours en copropriété avec mon beauf !
Mathieu Breton

La copropriété ? Moi, jamais !
Il se réserve forcément les meilleurs WE, il ne sait pas en prendre soin, il y a toujours un truc qui casse quand je récupère le bateau, et il vide mes bouteilles… Certes, mais seul en face d’un projet ambitieux (partir 1 an avec 3 jeunes enfants en Polynésie !), je ne pouvais m’offrir qu’une unité ancienne ! C’est là que la belle histoire commence : rassembler nos 2 années sabbatiques pour une copropriété à l’autre bout du monde avec mon beau-frère ! De quoi mettre l’ambiance à Noël pour les 20 ans à venir. Nous avons échangé des centaines d’e-mails pour sélectionner le bateau ; je ne voulais pas trop investir pour limiter une perte à la revente, Mathieu voyait plus récent et plus cher. Finalement, sur place, nous avons visité mon premier choix et le sien. Verdict : 1 point pour Mathieu. La suite lui a donné raison ; choisir un multi récent en sortie de leasing, le faire expertiser, prendre une bonne assurance, le préparer et le revendre rapidement à une cote convenable. Pour le budget, nous avons été au plus simple : une mise de départ, puis un tableau Excel des dépenses en vue de la revente ! Parlons des problèmes, car tout n’a pas été si simple ! Le mât est tombé au bout de 9 mois sur la tête de Mathieu et sa famille. Certains ont demandé : "Tu n’en veux pas trop à ton beau-frère ?" Il faut dire que l’incident arrive 2 mois avant notre départ pour le voyage de notre vie ! Cela aurait aussi bien pu arriver 3 mois plus tard, et c’est nous qui aurions affronté la situation. Nous avons également eu notre lot d’avaries (fuite de gasoil, panne de guindeau, pompe de refroidissement), on a même embrassé une patate de corail aux Tuamotu et laissé un morceau d’aileron. Aucun reproche n’est resté, il n’y avait pas lieu ; tout navigateur sait qu’en grande croisière il arrive de casser, et il faut réparer ! En conclusion : la copropriété a été une solution idéale, nous avons profité d’un bateau supérieur à nos possibilités initiales, vécu 2 aventures extraordinaires et fédéré nos familles en limitant la perte budgétaire grâce à une revente rapide. Je conseille vivement cette solution, mais ne me proposez pas une copropriété sur un bateau de loisir pour les WE, même avec mon beauf, je ne suis pas certain d’accepter !
André Motte

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