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« Hier soir, en arrivant sur l'archipel des Canaries, on a décidé de mettre le clignotant à droite et de partir direction la Guadeloupe par l'orthodromie qui nous reste. » La formule est bien trouvée, mais derrière cette décision se cache une analyse météo approfondie. Les alizés sont particulièrement bas cette année, et descendre jusqu'au Cap-Vert pourrait conduire Skiboo 2 dans de vastes zones de vents faibles, avec le risque d'y perdre plusieurs jours.
À l'inverse, les prévisions laissent entrevoir des vents favorables sur une route plus au nord, entre les Canaries et la Guadeloupe, sans menace dépressionnaire identifiée à ce stade. Les modèles météo permettent même d'envisager une trajectoire encourageante sur près de quinze jours, jusqu'à quelques centaines de milles de l'arrivée. Une perspective séduisante, même si l'Atlantique peut encore réserver bien des surprises !
Cette option a été retenue en concertation avec Pierre, le routeur d'Éric à terre. Chacun étudie les conditions de son côté, puis les deux hommes confrontent leurs analyses avant de choisir la meilleure trajectoire. Un soutien précieux pour le navigateur solitaire, qui ne tarit pas d'éloges sur la qualité du travail de son routeur. Pierre lui a notamment transmis une méthode pour optimiser ses futurs empannages. Car sur cette route, il ne suffira pas de suivre un cap : il faudra surveiller en permanence l'angle du vent et décider du bon moment pour changer d'amure. Des variations parfois trop faibles pour apparaître nettement sur les modèles météo peuvent pourtant peser sur la vitesse et la distance parcourue. « Là, c'est moi qui vais avoir la main maintenant », explique Éric, bien décidé à appliquer ces conseils tout au long de la traversée.
Le dernier routage situe Skiboo 2 à environ 600 milles de la Grande Vigie le 1er novembre à 18 h TU. Il resterait alors quelque quatre jours de navigation, sans oublier le contournement de la Guadeloupe. Autant dire que boucler le parcours en moins de 30 jours s'annonce serré !
Théo Lelay, qui suit de près l'aventure, plaisante sur la possibilité de voir Éric arriver dès le 1er novembre, jour de son anniversaire. Réponse immédiate du skipper : « Faut que je jette tout par-dessus bord pour alléger le bateau, que je monte au mât pour le rallonger et que je fabrique une voile avec les draps ! »
Derrière cette bonne humeur, une préoccupation demeure : l'interdiction de navigation annoncée dans le canal des Saintes, dont Éric redoute les conséquences sur la fin de son parcours. Mais pour l'instant, le moral est au beau fixe. Éric savoure chaque mille parcouru et ne cache pas son plaisir de naviguer sur son catamaran de série : « Le navire Excess est franchement fantastique, c'est que du bonheur de naviguer sur ce bateau. »
L'arrivée lui tarde, évidemment. Mais pas au point d'oublier de profiter de chaque journée en mer !
Pour suivre Éric et Skiboo 2 en temps réel, c'est ici