« C'est une belle houle longue, très, très agréable. Vraiment dans le dos, bien positionnée, qui me permet de filer tranquillement sous spi. »
Mais aujourd'hui, Éric souhaite surtout nous présenter son équipier le plus fidèle. Pas un compagnon en chair et en os, puisque le navigateur effectue sa traversée en solitaire, mais un équipement indispensable : le pilote automatique.
Caméra à la main, le skipper descend dans les entrailles de son catamaran pour nous montrer le pilote, son vérin et ses articulations. Une visite qu'il effectue régulièrement, même lorsque tout semble fonctionner normalement. « C'est vrai que ce n'est pas très glamour comme image, mais je descends lui rendre visite régulièrement pour voir si tout va bien, s'il ne présente pas de signe de faiblesse. »
Et pour cause : à bord de Skiboo 2, le pilote assure l'essentiel du travail à la barre. « S'il n'était pas là, l'aventure ne serait pas la même. Je serais obligé de barrer tout le temps ! Lui, il barre 90 à 98 % du temps. Il n'y a vraiment que sur les manœuvres où j'interviens à la barre. »
Le pilote permet ainsi à Éric de se reposer, de préparer ses repas et de s'occuper des nombreuses tâches indispensables à la vie du bord. Le skipper reprend toutefois régulièrement la barre dans le petit temps, lorsqu'il faut jouer avec les risées et affiner sa trajectoire.
Car Éric s'est imposé une règle : traverser l'Atlantique sans jamais utiliser ses moteurs pour propulser son catamaran. « En grand voyage, habituellement, quand il y a du petit temps, la plupart des gens mettent les moteurs. Moi, je ne les utilise pas en propulsion. Je m'en sers de temps en temps quand j'en ai besoin comme source d'énergie, mais depuis le départ, c'est zéro propulsion moteur ! »
Une contrainte qui rend le pilote automatique d'autant plus précieux. Éric insiste d'ailleurs sur l'importance de son entretien. Le sien a été révisé juste avant le départ, après qu'une faiblesse a été détectée lors d'une importante session d'entraînement. « Un conseil pour ceux qui vont partir en grand voyage : faites-le réviser avant de partir. C'est quand même vachement plus sympa ! » Et une fois en mer, mieux vaut contrôler régulièrement l'installation plutôt que d'attendre les premiers signes de défaillance.
En attendant, tout va bien à bord de Skiboo 2. À la position 30°10,13' N / 017°46,54' W, le catamaran file à 7,3 nœuds dans 10,2 nœuds de vent réel, avec un cap fond au 218°.
La grande houle atlantique est désormais au rendez-vous, le spi orange est établi et le pilote continue de tenir le cap. Direction les alizés, avec un équipier qui ne dort jamais !