Entre euphorie, fatigue et interrogations sur la suite de sa traversée, cette dixième journée marque une étape importante de son aventure.
« Terre, terre, les amis ! Waouh ! Génial ! » Difficile de contenir l'enthousiasme d'Éric Pilato lorsqu'une silhouette montagneuse apparaît enfin à l'horizon. « L'île qu'on voit juste devant, c'est Porto Santo. Madère est derrière. C'est la première terre qu'on voit depuis qu'on a quitté La Rochelle ! »
Il aura fallu un peu moins de dix jours de navigation pour atteindre l'archipel portugais. Une première découverte pour Éric, qui n'avait encore jamais navigué jusqu'à Madère. Et une expérience inhabituelle : approcher une île inconnue sans pouvoir y débarquer ! Les images tournées au drone au soleil couchant témoignent de la beauté de cette arrivée.
Mais pas question de s'attarder. Le programme prévoit de passer entre Madère et les îles Desertas pendant la nuit, avant de poursuivre vers le sud. Les Canaries pourraient même rester hors de vue : une fenêtre météo favorable semble permettre à Skiboo 2 de rejoindre les alizés sans descendre aussi bas que prévu. « Il y aurait une option qui peut nous intéresser. On va essayer d'en profiter un maximum ! »
L'enthousiasme du skipper contraste avec la fatigue accumulée. Éric reconnaît un sérieux coup de mou, au point d'avoir pris du retard dans l'envoi de ses nouvelles. Rien d'étonnant après dix jours de navigation en solitaire, sans escale et sans recours au moteur.
La suite s'annonce encourageante sur le plan météo, même si Éric reste prudent sur son temps de traversée. Passer sous la barre des 30 jours lui paraît encore improbable. Et une autre inquiétude commence à peser : l'interdiction de navigation annoncée dans le canal des Saintes à l'occasion de la Route du Rhum. Pour Éric, qui espère atteindre la Guadeloupe avant les grands trimarans, l'enjeu est de taille. Après un an de préparation, il redoute qu'une restriction de navigation ne l'empêche de terminer son parcours comme prévu.
En attendant, le cap reste fixé vers l'ouest, avec deux réflexions qu'Éric nous a envoyées et qui résument joliment son état d'esprit : « On croit traverser un océan. En réalité, c'est souvent lui qui nous traverse. » « Certains collectionnent des objets. Moi, je collectionne des horizons… »