Technique

Le bout dehors dans tous ses états

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Alors qu’il trustait les étraves de tous les navires à la fin du XIXe et au début du XXsiècle, cet espar, appelé beaupré à l’époque, a peu à peu disparu au fil du temps avant de revenir en force depuis une vingtaine d’années. Sur nos multicoques de croisière, il a d’abord fait sa réapparition sur des unités performantes, où il permet d’avancer le centre vélique des voiles d’avant. Mais la géométrie des récents plans de voilure lui redonnent sa justification sur des croiseurs de grande production plus placides. De manière générale, les génois ont perdu du recouvrement afin de faciliter les virements de bord. Ils sont même devenus parfois autovireurs. Mais voilà, même quand le mât a été reculé – comme sur certains modèles très récents –, quand on navigue aux allures débridées, petit largue et travers, ils ne sont plus assez puissants. Un gennaker ou un Code D devient indispensable pour tenir une bonne moyenne. Mais, si cette voile puissante est enroulée juste devant le bord d’attaque du génois (c’est le cas le plus fréquent, rappelez-vous, nous sommes sur un bateau de croisière !), cela perturbe grandement les entrées d’air au guindant, faisant chuter drastiquement le rendement de celui-ci. Et de même, quand le génois est enroulé, il perturbe le gennaker. Enfin, l’enroulement de ces voiles peut être entravé si elles sont trop proches, sans compter lors des empannages, que le ragage sur le génois peut tout simplement faire manquer la manœuvre.

 

Une solution avantageuse

La solution la plus simple consiste donc à éloigner le point d’amure de ces deux voiles, grâce… au bout dehors. Et les avantages sont alors nombreux. En premier lieu, la surface des voiles de portant peut être augmentée d’autant que la bordure va être plus grande. Ensuite, les voiles ne se gênent plus et les écoulements d’air sont parfaitement laminaires. Mais on peut aussi les faire travailler ensemble, ce qui est très efficace au petit largue en créant un effet Venturi entre les deux. Enfin, pour les allures plus abattues, le bout dehors a pour effet d’éloigner le bord d’attaque du spi asymétrique, et permet de descendre de facilement 10° supplémentaires par rapport à un spi amuré sur la poutre avant. On peut ainsi descendre facilement jusqu’à 150-155° du vent apparent. Concernant les manœuvres, la fluidité est bien plus grande, et l’écartement entre les voiles évite d’entortiller le spi sur le génois… Grâce au bout dehors et à des voiles d'avant plus grandes et plus performantes, la navigation au portant et/ou par vent faible devient amusante, et le recours aux moteurs est retardé !

 

L’installation sur la poutre avant

Les poutres avant en alu sont renforcées avec un module interne pour la compression. On peut donc monter un bout dehors sans problème tant qu’il reste d'une taille raisonnable. Pour un bateau de 45’, une longueur de 80 à 100 cm est la taille habituelle. Les grands fabricants comme Sparcfraft, Selden, Soromap proposent des bouts dehors en kit de ...

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