Numéro : HS26
Parution : Août / Septembre 2026
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Le MODX 70, présenté il y a un peu plus d’un an, est sans doute le multicoque de série le plus marquant et innovant sur lequel nous avons eu l’occasion de naviguer… Quand les deux fondateurs du projet ont proposé à Gwen Dorning d’embarquer une deuxième fois, notre PDG ne s’est pas fait prier - et ces quelques bords ont permis d’en savoir un peu plus sur Franck David et Jean Guyon, à l’origine de ce projet hors-normes, 100% Forever Green.
Multicoques Mag : Pouvez-vous vous présenter ?
Franck David : Je vais commencer, puisque je suis dans le métier depuis un peu plus longtemps ! Je suis né le 21 mars 1970 à Paris. J’ai donc un peu plus de 55 ans aujourd’hui – ça passe vite, trop vite même ! Mais tant qu’on a des idées, c’est bon signe.
Mes parents ont quitté Paris pour s’installer en Bretagne, sur une petite île du golfe du Morbihan qui s’appelle l’île d’Arz. J’y suis arrivé à l’âge de sept ans, et c’est là que j’ai découvert les sports nautiques, et notamment la planche à voile.
J’ai suivi un cursus scolaire classique, collège puis lycée, mais en parallèle j’étais en sport-études. J’ai ensuite mené une carrière d’athlète de haut niveau, avec notamment un titre olympique en 1992 à Barcelone et un titre de champion du monde. Après cette période, j’ai repris mes études en économie et gestion à l’Université Paris-Dauphine, dans une filière orientée vers le sport. Peu de temps après, il y avait la sélection pour les Jeux d’Atlanta, que je n’ai pas réussie. J’avais consacré beaucoup de temps à mes études pour rattraper le train qui était déjà en marche.
J’ai alors rejoint la Fédération Française de Voile pour prendre en charge la communication des équipes de France. J’y ai passé entre dix et quinze ans dans le marketing sportif, avec beaucoup d’événementiel. J’ai adoré cette période, très vivante et dynamique. Après une carrière de sportif de haut niveau, cela permettait de retrouver une forme d’adrénaline et de continuer à évoluer dans un univers passionnant. Par la suite, une rencontre avec le skipper suisse Bernard Stamm m’a amené vers la course au large. Pendant une dizaine d’années, j’ai dirigé différents projets sportifs en tant que team manager de multicoques.
En parallèle, j’ai pris la direction de la classe ORMA pendant deux ans, à l’époque où elle gérait les multicoques de 60 pieds. Ensuite, nous avons lancé la classe MOD70, une série monotype de trimarans de course. C’était un mélange entre marketing, production et construction navale. C’est à ce moment-là que j’ai commencé à mettre un pied dans les aspects plus techniques et industriels du bateau. En 2008, nous avons créé à Lorient le chantier Océan Développement. Au départ, nous travaillions principalement sur des bateaux de course. Puis nous avons pris en gestion le catamaran solaire PlanetSolar pour sa fondation. Nous y avons intégré des technologies liées au kite et à l’hydrogène. Cette expérience nous a ouvert les yeux sur le potentiel des énergies renouvelables dans le nautisme.
Parallèlement, on voyait émerger Tesla, les voitures électriques et tout le contexte de décarbonation. A la suite du Covid, avec toute l’équipe, nous avons décidé de créer à la fois un bateau et un chantier entièrement dédiés à une nouvelle approche de la plaisance : un navire 100 % énergies renouvelables, fortement automatisé et conçu de manière beaucoup plus vertueuse. C’est ainsi qu’est né le MODX 70.
Dans cette aventure, il y a eu la ...
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