Bol d’Or Mirabaud

Archimède bat à nouveau Icare !

La guerre des dérives contre les foils a encore eu lieu lors du Bol d’Or Mirabaud 2023. TF35, M2 et le D35 Double You de Christian Wahl se sont en effet livré de passionnantes joutes sur le Léman. Pour la deuxième année consécutive et la 9e fois de sa carrière, Christian Wahl l’emporte, au terme d’une épreuve d’endurance de 17 heures et 14 minutes. Une véritable consécration pour celui que l’on surnomme le « Sorcier du lac ».

En Suisse, il n’y a pas la mer, et pourtant, on n’y compte plus les prestigieux régatiers qui connaissent par cœur leurs subtils plans d’eau… L’épreuve reine de ces marins d’eau douce qui savent en remontrer aux coureurs océaniques les plus titrés est le Bol d’Or Mirabaud, qui se déroule tous les ans en juin sur le Léman.
Depuis 1939, la Société Nautique de Genève donne le tempo de la plus grande régate intérieure au monde.
Son scénario, ô combien imprévisible, sait tenir en haleine les amateurs de régates les plus pointus. Entre vents violents – les images du gros grain de l’édition 2019 ont fait le tour du monde – et pétole accablante, le choix de l’embarcation capable de l’emporter n’est pas une mince affaire. Comment couvrir le spectre d’une telle palette de conditions ? C’est là le terreau d’une volonté d’innovation quasiment sans limite qui a conduit des générations de Propriétaires à concevoir les multicoques les plus performants de leur époque.

Du D35 au TF35


Depuis l’édition 2021, le Bol d’Or Mirabaud est le théâtre d’un nouvel affrontement inédit. D’un côté, l’unique D35 en course aux mains de Christian Wahl, et de l’autre les flambant neufs TF35, au nombre de six. Classe reine du lac pendant une bonne quinzaine d’année, les D35 ont tiré leur révérence à partir de 2020, lorsqu’une partie de leurs Propriétaires a décidé de les envoyer prendre leur retraite en Hongrie, à 1 000 km à l’est, du côté du lac Balaton, dans le but de les remplacer par un foiler bien spécifique. Le TF35 est ainsi né. Ce multicoque était donc censé asseoir sa suprématie sur le Léman en volant même par petit temps – un pari osé. L’engin est en effet capable de décoller au portant grâce à une risée de 6 nœuds seulement, et dispose notamment d’un système de régulation automatique de l’altitude, ce qui en fait une machine redoutable, capable de creuser des écarts phénoménaux en quelques minutes sur ses foils. Mais voilà, pas de vol par moins de six nœuds de vent. Or, lors de cette édition 2023, Eole a enregistré une pointe à 7 nœuds, rien de mieux – il n’y avait pas de quoi perdre son chapeau. Pour la deuxième année consécutive, les TF35 ont donc traîné leurs foils. Tous… sauf un équipage qui ne manque pas de panache : ces warriors de la pétole ont donc pris le pari osé de troquer pour la première fois en course leur paire de foils par des dérives. Initialement conçu comme un hybride, le TF35 peut être équipé de dérives en C – à condition d’effectuer les travaux nécessaires quelques jours à l’avance. Quelques tests réalisés à l’entraînement et une poignée de calculs savants avaient initialement suffi à convaincre la quasi-totalité de la flotte que le jeu n’en valait pas la chandelle. En effet, mathématiquement, quelques dizaines de minutes de vol peuvent suffire à combler le retard accumulé sur les catamarans archimédiens d’ancienne génération – M2, D35, etc.

Coup de poker


C’est le spécialiste du multicoque Jérôme Clerc, à la tête de l’écurie Realteam, ...

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