Tout n'est pas de tout repos pour autant. La houle reste bien présente et, surtout, le vent joue avec les nerfs du solitaire. « Cette nuit, ça a été quasiment tout le temps réglage, réglage, réglage pour rester sur notre axe ! » Résultat : à peine une heure à une heure et demie de sommeil. Heureusement, Éric parvient à récupérer dans la journée, lorsque la montée des températures s'accompagne d'un vent plus stable.
Autre signe de l'approche des Antilles, les sargasses se font de plus en plus nombreuses. D'abord isolées, elles forment désormais de longues chevelures végétales à la surface de l'océan. Un spectacle aussi magnifique qu'inquiétant pour le skipper, conscient des dégâts causés par ces algues sur les côtes antillaises.
Mais l'événement du moment, c'est évidemment le départ de la Route du Rhum, qu'Éric a suivi avec enthousiasme. « Ça y est, j'ai une bande de talentueuses et talentueux athlètes qui sont au galop derrière moi ! Pourvu que j'arrive avant les premiers ! » Une course dans la course qui donne tout son sens à son aventure : « Un marin, un bateau, l'océan… Départ d'un point A, arrivée à Pointe-à-Pitre, pas d'escales et uniquement à la force des voiles. »
Reste maintenant à négocier l'approche de la Guadeloupe. Si les 300 derniers milles pourraient théoriquement être avalés en deux jours, Éric préfère tabler sur trois. La côte sous le vent promet en effet des conditions délicates, entre zones de calme et vents catabatiques susceptibles de compliquer les derniers réglages. « Je crois qu'autant le bateau que moi, on a hâte d'arriver maintenant ! »
Après un mois d'Atlantique, le compte à rebours est lancé…
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