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Naufrage d'Yvan Bourgnon

Publié le 04 novembre 2014 à 9h00

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Pour réussir cet exploit, il a demandé à Sébastien Schmidt (l'architecte des Decision 35 et des catamarans SwissCat) de lui dessiner un cata de 6,20 mètres, non habitable. Le bateau, particulièrement léger – 450 kg à vide – est ensuite construit pendant l'été 2013. La structure est composée de deux coques et de deux poutres censées être indestructibles : de quoi ramener, quoi qu'il arrive, les navigateurs à bon port. Car au départ de l'aventure, ils sont deux : Yvan et Vincent Beauvarlet. Et pour cet équipage d'aventuriers, les aménagements sont simplissimes : des bancs extérieurs pour prendre place et dormir, c'est tout ! Et pour corser le tout, les navigateurs ont choisi de naviguer "à l'ancienne". Pas de GPS, ni d'électronique à bord, un simple sextant suffira.
Vincent abandonne aux Canaries et Yvan décide de continuer son aventure en solitaire. Transat Canaries-Martinique, puis Panama, les Galapagos et enfin la transpacifique avec une arrivée aux Marquises fin mars, après 25 jours de mer... La suite fait rêver, avec des escales à Tahiti, Bora-Bora, Pago Pago aux Samoa, puis les Fidji et les Vanuatu, et enfin Bali...
Le 12 juillet dernier, Yvan repart donc de Bali pour une traversée de l'océan Indien de quelque 2 700 milles, direction les Maldives. Les premiers jours, les conditions sont bonnes (15-20 nœuds, soleil, portant), mais rapidement, elles se détériorent et le catamaran souffre. A la suite d'une rupture de hauban, Yvan doit faire une réparation de fortune, puis la mousson s'installe, rendant compliquée cette longue traversée, jusqu’au franchissement de l’équateur et le retour dans l’hémisphère nord (après 5 mois de navigation uniquement dans l’hémisphère sud) le 28 juillet. Ensuite, les conditions deviennent de plus en plus dures – vents soufflant à 70 km/h et au moins 4 mètres de creux. Craignant plus d’abîmer son catamaran de sport que de chavirer, Yvan décide finalement de rejoindre le Sri Lanka, afin de rester sur le bon bord et de ne pas prendre de risque avec son hauban provisoire et le seul safran qui lui reste.
A l’approche du port de Galle, au Sri Lanka, où il prévoit d’accoster, Yvan active le pilote automatique afin de dormir quelques minutes, le cap orienté vers le large. Quand il se réveille, il est au milieu d'énormes rouleaux et il est éjecté de son bateau qui est littéralement pulvérisé sur les rochers.
Le miracle est que le navigateur s'en soit sorti indemne. Mais il n'abandonne pas pour autant son projet, malgré la destruction de son bateau : il compte réparer son bateau et repartir avant la fin de l'année pour continuer l'aventure : "Il me reste seulement 5000 milles à parcourir dans des eaux protégées (mer Rouge et mer Méditerranée) avant de franchir la ligne d’arrivée aux Sables d’Olonne, alors je pense que le plus dur est derrière moi"...

La vidéo du naufrage et la suite des aventure d'Yvan Bourgnon sur :
ledefidyvanbourgnon.com

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