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En Transat en rallye

Publié le 19 novembre 2008 à 0h00

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De sa première transat, Hervé garde un souvenir ému. En 1991, il s'élançait ainsi pour la première fois à travers l'Atlantique, sur un Catana 48 (Coriolis), afin de vérifier ce qu'il y avait de l'autre côté de la mer… Un moment intense, une sensation unique de vivre un rêve d'adolescence, de toucher au Graal des marins. Et puis cette transat garde un goût particulier, car il s'agissait de la première édition de la Transat des Passionnés, qu'Hervé et son équipage ont brillamment remportée, en arrivant le 24 décembre soit deux jours avant son mariage… De quoi effectivement garder un souvenir (très) fort de ce moment magique !
Sa deuxième transat, Hervé vient tout juste de la terminer. Encore une fois sur un Catana (un 50') et encore dans le cadre de la Transat des Passionnés. Une seconde aventure très différente de la première : il s'agissait de tenir une promesse faite à un ami au moment où celui-ci a acheté le bateau. Un partage, un moment d'amitié, et donc avant tout une aventure humaine.  Car de ses deux expériences, Hervé garde surtout des souvenirs d'une aventure avant tout humaine, bien plus que maritime. Passer de quinze jours à trois semaines sur l'eau, dans un espace confiné, vous en apprendra bien plus sur vous même que des années de psychanalyse… Hervé n'hésite ainsi pas à parler de "bateauthérapie". En mer on peut résoudre en deux secondes des problèmes qu'à terre on mettrait deux mois à apprécier… Le rythme de vie est tellement différent, fort, unique, que c'en est un moment vraiment privilégié dans la vie d'un Homme. On vit tout simplement, sans les artifices de notre vie moderne. Pas de portable, ni de mail ou de problèmes de bureau à résoudre !


-  Et à l'arrivée, quels souvenirs restent d'une telle traversée ?


"15 ou 20 jours deviennent deux secondes de souvenirs", nous raconte Hervé. "Une sensation et des milliers d'images, plus ou moins fortes, mais toujours magnifiques"…
Et puis il y a les anecdotes, parfois drôles, tantôt terribles, comme cette fois où au départ de Hyères, le Catana 48 s'est retrouvé pendant une semaine avec 35 nœuds de vent pile de face… De quoi se demander ce que l'on fait dans cette galère. Ou encore la fois où en pleine nuit, tout l'équipage s'est retrouvé à affaler le spi dans un grain, avant de se rendre compte au matin que le trampoline était à moitié déchiré. Une belle frayeur rétrospective à l'idée d'imaginer l'équipage dans son ensemble passer à la mer en pleine nuit…
Enfin il y a les grands moments, quand par exemple, seul à la barre, en pleine nuit, on en arrive à ne pas aller réveiller l'équipier du quart suivant, pour profiter, encore quelques minutes, de cette sensation de plénitude, de cette joie indicible d'être seul au monde sous le ciel constellé d'étoiles. Moment de pure magie et de bonheur à la fois simple et intense. Alors la transat, faut-il la faire et la refaire ? Pour Hervé pas de doute, c'est quelque chose à vivre. Absolument ! Moyennant une préparation simple et rigoureuse, et surtout un bon sens marin permettant d'être vigilant sur la sécurité sans pour autant gâcher la vie des équipiers, la transat est un moment qui restera graver dans votre esprit. Aujourd'hui, Hervé rêve un jour de passer à l'étape supérieure, au fantasme absolu : la transat en solitaire. Pour l'aventure humaine que cela représente, l'introspection que cela engendrera et le plaisir, égoïste de l'avoir fait !

Ami


Réussir sa transat, ce n'est pas arriver de l'autre côté… Mais c'est d'y arriver en étant toujours ami avec ceux qui partagent l'aventure.
Ce n'est pas difficile au niveau marin, ce n'est en revanche pas facile humainement. Alors avant de vous en prendre à votre co-équipier (ou femme ou enfants) parce qu'il met des miettes de pain partout dans le bateau, réfléchissez bien…

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